Don de jours de congés aux soignants : "Si les Français veulent dire merci, c'est bon à prendre", réagit la Fédération hospitalière de France

Son président Frédéric Valletoux appelle à "s'atteler aux grands chantiers promis par le président de la République pour donner un avenir meilleur à l'hôpital". Pour lui, la solidarité des Français et l'action du gouvernement ne sont pas à mettre "au même niveau".

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Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France, le 29 octobre 2018. (RADIO FRANCE / FRANCEINFO)

L'idée d'offrir des journées de RTT aux personnels soignants pour les soulager avait été lancée par le Groupe Pasteur Mutualité fin mars. Mais elle se heurtait à la loi qui dicte que les dons de RTT se font uniquement entre collaborateurs au sein d'une même entreprise. Relayée par des députés LREM, elle a reçu mardi le soutien de Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. "Si les Français veulent dire merci, c'est bon à prendre", a réagi sur franceinfo mercredi 13 mai, Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France et maire de Fontainebleau.

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franceinfo : Est-ce que c'est une bonne idée ?

Frédéric Valletoux : C'est un geste de solidarité et ça pourrait effectivement permettre à des Français qui ne souhaitent pas, ou ne peuvent pas faire faire un don numéraire, de pouvoir marquer une forme de solidarité. On voit qu'il y a aujourd'hui une grande envie de montrer et d'exprimer des remerciements aux soignants. Les Français le font encore tous les soirs à 20 heures en applaudissant. Certains pourraient aller plus loin en donnant une journée ou deux jours de congés. C'est une manière de dire merci.

Avant d'en appeler à la générosité des Français, ne faudrait-il pas tout simplement payer les heures supplémentaires qui ne le sont pas aujourd'hui à l'hôpital ?

Ça, c'est un autre sujet, mais c'est un vrai sujet. Il faudrait payer les heures supplémentaires. Il faudrait effectivement s'atteler aux grands chantiers promis par le président de la République pour donner un avenir meilleur à l'hôpital, mais surtout aux hospitaliers qui y travaillent. Ce sont des questions de fond. Je ne mets pas ces deux choses au même niveau. Malgré tout, si les Français veulent marquer d'un geste cette solidarité, s'ils veulent dire merci parce que des proches à eux sont passés par l'hôpital, puisque souvent ils ont été touchés à titre personnel, ou dans leurs familles ou dans leurs cercles proches...

C'est vrai que de donner un jour de congé, de pouvoir le transformer en chèques-vacances, c'est faciliter finalement des vacances à ceux qui soignent mais qui n'ont pas des gros salaires. 

Frédéric Valletoux, président de la Fédération hospitalière de France

à franceinfo

Cette initiative est positive. Nous-mêmes, à la Fédération hospitalière de France, avec des partenaires, on va bientôt lancer une plateforme pour permettre à des gens qui ont des appartements, des résidences de vacances, de pouvoir offrir quelques jours à des soignants. C'est une expression différente et une manière de faire différente de solidarité. Mais je la vois comme positive, c'est bon à prendre.

Est-ce que les personnels de l'hôpital arrivent à souffler un peu en ce moment ?

L'hôpital est sous le coup de ce qu'on appelle le plan blanc, c'est-à-dire en organisation bouleversée, dans des plannings qui ne sont pas ceux qu'ils connaissent traditionnellement. Ils restent en alerte et, à partir de là, c'est vrai que, même si l'activité a baissé, il faut toujours rappeler que les niveaux de prise en charge sont quand même bien plus élevés que ceux que connaissent les hôpitaux traditionnellement. Néanmoins, c'est vrai qu'aujourd'hui, les services qui sont dédiés aux patients Covid-19 sont encore sous la tension d'une prise en charge élevée. Le reste des services hospitaliers continue à s'approcher de plus en plus de la reprise d'une activité normale. Et dans les services Covid-19, on souffle un peu plus. Maintenant, il y a une extrême vigilance. Les vacances et les jours de congés, il y en a qui sont pris, mais ils sont donnés, pas avec parcimonie, mais les organisations restent encore très tendues et vigilantes vers cet objectif de prise en charge.

Extrait de l'intervention de Muriel Pénicaud : 

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