Demi-groupes dans les lycées : "Il y a un manque d'anticipation de la part du gouvernement", regrette le syndicat SNES-FSU

Pour lutter contre la propagation du Covid-19, le syndicat enseignant souhaite que les cours se déroulent par demi-groupes dans les lycées notamment.

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Radio France
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Un professeur donne un cours à des lycéens dans une salle de classe (illustration 6 novembre 2020).  (VANESSA MEYER / MAXPPP)

"Il y a vraiment un manque d'anticipation de la part du ministère [de l'Éducation nationale]. C'est absolument dommage qu'on soit en train d'en parler là en ce moment, en train de se poser la question, alors qu'aujourd'hui, on devrait être en train de le mettre en place", regrette Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du SNES-SFU. Le syndicat propose de passer à des demi-groupes dans les lycées pour limiter la propagation du virus mais regrette que cette proposition n'ait pas été mise en place plus tôt par le gouvernement.


Franceinfo: Faire des demi-groupes dans les lycées pour limiter la propagation du virus, c'est envisageable ?

Sophie Vénétitay : C'est une piste intéressante. Passer à des demi-groupes en quatrième, en troisième au collège, ça permettrait dans des établissements de faire diminuer le nombre d'élèves présents dans un établissement, présent dans une classe, présent à la cantine. En fait, dès lors que vous touchez au nombre d'élèves présents dans l'établissement, vous limitez dans plein d'endroits stratégiques, y compris la cantine dont on sait que c'est un lieu vraiment crucial dans la diffusion du virus. Donc oui, nous, on demande vraiment que des demi-groupes puissent être en place aussi au collège, par exemple, en quatrième et en troisième, et que ce soit même systématique en lycée.

Il n'y a pas un risque de décrochage au collège ?

Alors il faut certainement aborder cette question de manière un peu différente que celle du lycée, parce qu'on sait que les âges sont différents, que vous ne traitez pas de la même manière, entre guillemets, un grand terminal, un quatrième et puis, un petit sixième. Donc, il y a certainement des organisations à revoir, par exemple, alterner un jour sur deux pour les collégiens plutôt qu'une semaine sur deux pour permettre aux élèves, aux collégiens de venir deux à trois fois dans la semaine dans l'établissement scolaire, peut-être d'autres organisations du type matin ou après-midi. Là encore, il y a plein d'organisations possibles. C'est absolument dommage qu'on soit en train d'en parler là en ce moment, en train de se poser la question, alors qu'aujourd'hui, on devrait être en train de le mettre en place. Là, il y a vraiment un manque d'anticipation de la part du ministère.

La fermeture d'une classe à partir de 3 cas positifs c'est respecté ?

C'est l'un des nombreux points faibles du protocole sanitaire. Aujourd'hui, on a du mal à savoir exactement la situation dans les établissements scolaires. Il n'y a pas systématiquement de traçage et d'isolement. Or, si on a encore des incertitudes sur le variant anglais, on a aussi des certitudes, c'est qu'il circule davantage, il circule plus vite. Donc, si on veut éviter qu'il circule davantage, il faut le repérer plus vite, il faut réagir plus vite. C'est vrai qu'on demande plus de tests, mais aussi un traçage et un isolement plus systématiques et il faut très certainement renforcer la règle du 'au bout de trois cas, on réagit et on voit ce qu'on fait'. Non là, il faut être plus réactif et plus systématique. Il faut certainement voir au bout d'un, deux ou trois cas, mais en tout cas, il faut réagir plus vite. Dans le contexte actuel où on a quand même des inquiétudes et qui sont exprimées par tout le monde, si on veut vraiment se donner les moyens de faire la prévention pour éviter la fermeture des établissements scolaires, puisque c'est bien ça, nous, notre objectif. Alors on pourrait même penser revenir sur cette règle à durcir, peut-être au bout d'un élève, deux élèves. Ça nous semble être des choses sur lesquelles il faut discuter très rapidement avec les autorités scientifiques et le ministère.

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