Jauge réduite, couvre-feu, occupation par les intermittents... La difficile réouverture des théâtres

Alors que cinémas, cafés et restaurants se réjouissent de pouvoir rouvrir le 19 mai à la faveur du déconfinement, la situation est complexe pour les théâtres. Les salles privées et subventionnées sont confrontées à de nombreuses difficultés.

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Un théâtre vide, à Nantes, le 14 mars 2021. (LOIC VENANCE / AFP)

Les théâtres vont pouvoir rouvrir le 19 mai comme les cinémas, les musées et les monuments, à la faveur de l'allègement des mesures destinées à contenir l'épidémie de coronavirus Covid-19, mais mercredi prochain, ils seront encore nombreux à être fermés. Dans le privé, les théâtres ouverts ce jour-là se compteront sur les doigts d’une main. Le syndicat national du théâtre privé estime qu’à peine un tiers de ses adhérents, une trentaine de salles devraient ouvrir avant l’été et la plupart à partir du 9 juin. Au 19 mai, les conditions ne seront pas réunies pour le président du SNDTP, Bertrand Thamin.

Le flou autour des aides n'a pas été dissipé

"Économiquement, ce n'est pas viable de travailler avec des jauges limitées à 35%, note-t-il. Et il y a quand même encore un grand flou autour des aides sectorielles telles que le Fonds de compensation billetterie, le Fonds de compensation annulation, dont le ministère de la Culture nous dit qu'ils seront pérennisés. Mais nous n'avons pas d'assurance ni de détails sur les modes de calcul."

Le 9 juin, avec un couvre-feu à 23 heures et une jauge à 65%, de petites salles vont tenter la réouverture mais pour les grandes, il faudra attendre la rentrée. À Paris, la Scala avec ses 550 places fait figure d’exception. Elle ouvrira ses portes le 11 juin pour tout l’été avec notamment la dernière pièce d’Alexis Michalik, Une Histoire d’amour… Un pari, reconnaît son directeur Frédéric Biessy.

"Très honnêtement, je ne pense pas qu'on va être plein. En tout cas pas sur la totalité de la période. Évidemment, on va être très attentif aux fréquentations, aux recettes..."

Frédéric Biessy

à franceinfo

"Si on voit que fin juillet, poursuit-il, le spectacle ne prend pas du tout et qu'on s'aperçoit que notre fréquentation est très basse, sans doute prendrons-nous la décision à ce moment-là de l'arrêter et de reprendre en septembre, au moment de la reprise."

De nombreux théâtres sont encore occupés

Les théâtres publics devraient être plus nombreux à ouvrir le 19 mai. Mais une centaine d’entre eux sont occupés depuis deux mois par des intermittents, des précaires, des étudiants. Une occupation qui pourrait aboutir dans certains cas au blocage des spectacles. L’incertitude demeure à 6 jours de la reprise pour le théâtre de l’Odéon à Paris ou celui de la Criée à Marseille. Les occupations ont conduit certaines salles à différer leur réouverture. C’est le cas du TNP Villeurbane.

"Bien sûr que cela a joué, indique Jean Bellorini, son directeur. Cette inconnue supplémentaire et le fait d'avoir un peu d'air entre la reprise officiellement possible le 19 mai ou la reprise objective le 2 juin nous laissera un petit temps d'organisation et de dialogue supplémentaire pour rendre possible la compatibilité de l'activité artistique et de la lutte." À Rennes, au TNB, et à Toulouse au théâtre de la Cité, où les forces de l’ordre ont récemment évacué les occupants, les spectacles reprendront mercredi prochain.

Les théâtres face à la problématique de leur réouverture : reportage d'Anne Chépeau
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