VRAI OU FAKE Covid-19 : Une étude a-t-elle montré que le maintien du premier tour des municipales a causé des milliers de morts ?

Le porte-parole du Rassemblement national, Sébastien Chenu, a affirmé qu'"une étude publiée par des chercheurs de Clermont-Ferrand nous indique qu'il y a eu des milliers de morts par le maintien du 1er tour des élections municipales". C’est faux.

Une électrice vote à l\'occasion des élections municipales, à Lyon le 15 mars 2020
Une électrice vote à l'occasion des élections municipales, à Lyon le 15 mars 2020 (JEFF PACHOUD / AFP)

Invité sur franceinfo jeudi 11 juin, Sébastien Chenu a affirmé qu'"une étude publiée par des chercheurs de Clermont-Ferrand nous indique qu'il y a eu des milliers de morts par le maintien du premier tour des élections municipales". La Cellule Vrai du Faux vous explique pourquoi c’est faux.

L'étude ne quantifie pas le nombre de décès lié au scrutin du 15 mars

L’étude (encore au stade de prépublication), réalisée par trois chercheurs en économie du CNRS de l’Université Clermont-Auvergne et publiée par un institut économique allemand (l’IZA), montre que le premier tour des élections municipales a eu un effet sur le taux de mortalité lié au Covid-19. En se basant sur les fichiers mensuels de décès de l’INSEE, les chercheurs ont révélé "qu'un taux de participation plus élevé a été associé à un nombre de décès significativement plus élevé chez les personnes âgées dans les cinq semaines suivant les élections", explique Simoné Bartoli, l’un des auteurs de l’étude, à franceinfo.

Mais l’étude ne quantifie pas le nombre de morts lié à ce scrutin, contrairement à ce qu’a affirmé le porte-parole du Rassemblement national, ce jeudi sur l’antenne de franceinfo. Les économistes ont en fait calculé le nombre de décès qu’il aurait pu y avoir, par extrapolation, si la participation avait été la même qu’en 2014. "Si le taux de participation avait été le même qu’en 2014, le nombre de décès aurait été supérieur", précise l’étude. 44,6% des électeurs ont voté le 15 mars dernier contre 63% en 2014. Les trois économistes précisent dans l’étude que la faible participation aurait permis d’épargner près de 6 000 décès chez les personnes de plus de 60 ans. 

Une autre étude relativise l'impact du maintien du premier tour des municipales

Les résultats de cette étude sont à prendre avec précaution. Le 16 mars, une autre étude, publiée dans MedRxiv (une archive de prépublications consacrée à la recherche médicale), était révélée par Le Monde. L'étude avait conclu que le maintien du premier tour n’avait pas accéléré statistiquement la circulation du virus, sans nier toutefois que des contaminations aient pu avoir lieu.

Comme le révélait une enquête Radio France le 16 avril dernier, plusieurs maires sont décédés, après avoir été contaminés pendant la campagne et lors du premier tour des élections municipales. Même s’il est impossible de chiffrer le nombre de maires victimes du scrutin, le nombre d’élus concernés a été tel que le gouvernement a dû publier une ordonnance le 8 avril, pour pouvoir assurer la continuité des services.