Covid-19 : la recherche des origines du virus "est au point mort", déplorent les experts de l'OMS

"La quête des origines du virus Sars-CoV-2 est à un tournant critique" et "la fenêtre de tir pour mener cette enquête cruciale se referme rapidement", expliquent les experts et auteurs en mars d'un rapport sur le sujet pour l'OMS.

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France Télévisions
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Un technicien de laboratoire travaille sur des échantillons à tester pour le Covid-19, le 13 août 2021 dans la province de Jiangsu (Chine). (AFP)

Le mystère reste entier. La recherche des origines du Covid-19 "est au point mort" avertissent les experts auteurs en mars d'un rapport sur le sujet pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "La quête des origines du virus Sars-CoV-2 est à un tournant critique" et "la fenêtre de tir pour mener cette enquête cruciale se referme rapidement", font-ils valoir dans un texte à paraître jeudi 26 août dans la revue scientifique Nature.

"Les anticorps déclinent avec le temps : collecter des échantillons (animaux) et tester des gens qui pourraient avoir été exposés avant décembre 2019 donnera donc de moins en moins de résultats", mettent-ils en garde. Ces experts faisaient partie d'une équipe de 17 experts internationaux mandatés par l'OMS et 17 experts chinois, dont le rapport avait été publié le 29 mars, après une enquête menée en janvier à Wuhan (Chine), point de départ connu de la pandémie.

La fuite de laboratoire jugée "extrêmement improbable"

Sans apporter de réponse tranchée, ce rapport listait quatre scénarios plus ou moins probables. Celui qui était jugé le plus vraisemblable était la transmission du virus à l'homme par l'intermédiaire d'un animal infecté par une chauve-souris.

Venaient ensuite les hypothèses d'une transmission directe sans animal intermédiaire, d'une transmission par la nourriture, notamment la viande surgelée, et enfin d'une fuite accidentelle de laboratoire, toutefois jugée "extrêmement improbable". Depuis, "aucune donnée" soutenant "l'hypothèse d'une fuite de laboratoire n'a été ni publiée ni soumise à l'OMS", relèvent les experts.

La Chine ne veut pas d'une nouvelle enquête

Leur rapport avait fait l'objet de critiques qui l'accusaient de minorer la responsabilité de la Chine. "L'équipe chinoise était et est toujours réticente à partager des données brutes", notamment sur les 174 premiers cas identifiés en décembre 2019, commentent ces scientifiques. Le 13 août, la Chine a rejeté l'appel de l'OMS à une nouvelle enquête sur place, en jugeant la première suffisante.

Dans le même temps, les médias américains ont rapporté mardi qu'un autre rapport demandé par le président Joe Biden à ses services de renseignement ne permettait pas de trancher la question sensible de l'origine du Covid-19, source de frictions entre Washington et Pékin.

A Genève, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné mercredi que le rapport publié en mars par les experts détaillait un "certain nombre d'études qui peuvent être réalisées sans délai". "Nous avons encouragé les différentes parties à poursuivre ces études", a-t-il dit, en conférence de presse. Présente à ses côtés, la directrice de l'équipe technique Covid-19 à l'OMS, Maria Van Kerkhove, a expliqué que plusieurs de ces études sont en cours dans le monde, y compris en Chine.

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