Covid-19 : "Il faut annuler le grand oral" pour les élèves de terminale, réclame le syndicat Snes-FSU

"La priorité, ce n'est pas la course contre-la-montre pour les programmes, c'est de garder le lien avec les élèves", appelle le syndicat de professeurs.

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Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du SNES-FSU, le syndicat national des enseignants de second degré, le 22 janvier 2021 sur franceinfo. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

"Il faut annuler le grand oral" pour les élèves de terminale cette année, a insisté jeudi 1er avril sur franceinfo Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du syndicat de professeurs Snes-FSU. "La priorité n'est pas de mettre la pression de l'examen sur les élèves qui ont eu une année suffisamment compliquée", estime-t-elle. Après les dernières annonces d'Emmanuel Macron, "il y a un immense sentiment de gâchis et beaucoup d'amertume" chez les professeurs, selon Sophie Vénétitay. Elle assure que "tout n'est pas prêt aujourd'hui pour l'enseignement à distance" et demande qu'on anticipe les modalités du retour dans les établissements : il sera notamment "indispensable d'avoir commencé la vaccination des enseignants".

franceinfo : Il n'y avait pas d'autre choix que de fermer les écoles ?

Sophie Vénétitay : On sentait bien qu'on était au pied du mur. On était même dans le mur dans certaines zones où le virus flambait dans les écoles. Bien évidemment, ce sont des mesures fortes qu'on aurait préféré éviter, parce que quand on est enseignant, on n'est jamais ravi d'entendre que les écoles vont fermer.

"On aurait pu les éviter, on avait fait des propositions en ce sens depuis des mois."

Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du syndicat de professeurs Snes-FSU

à franceinfo

On sent bien qu'on est au pied du mur, qu'on n'avait pas le choix. Mais il y a forcément un immense sentiment de gâchis et beaucoup d'amertume ce matin.

Pensez-vous qu'on pourra tenir les programmes scolaires cette année ?

Ça va être extrêmement compliqué. On va entrer dans un rythme très différent alors que déjà dans d'autres établissements, dans des lycées notamment, le rythme était modifié ces dernières semaines. Très clairement aujourd'hui, la priorité, ce n'est pas la course contre-la-montre pour les programmes. La priorité, c'est de garder le lien avec les élèves pour éviter autant que possible les effets négatifs de l'école à distance et essayer de tirer un peu les leçons du confinement de l'an dernier.

C'est donc le retour des cours à la maison pour tous. A-t-on tiré les leçons des bugs qu'on a pu connaître lors du premier confinement ?

Individuellement, en tant qu'enseignant on a pu tirer des leçons, on sait ce qu'il faut faire et ce qu'il ne faut pas faire. Mais collectivement de la part de l'Éducation nationale, il n'y a pas forcément eu ce bilan qui a été fait. On a toujours, par exemple, des questions d'équipement, des questions de fracture numérique pour les élèves les plus défavorisés. Contrairement à une des expressions favorites de Jean-Michel Blanquer, non, tout n'est pas prêt aujourd'hui pour l'enseignement à distance. Alors on va faire ce qu'on peut. On va faire avec les moyens du bord pour garder le lien avec les élèves. Mais on ne peut pas s'empêcher de se dire que tout ça aurait pu être bien mieux préparé ces derniers mois.

Le calendrier des vacances de printemps est bouleversé. Est-ce que ça risque de poser des problèmes d'organisation à l'école ou du côté des parents ?

Ça va surtout poser des problèmes d'organisation pour les parents d'élèves. Pour nous, enseignants, la vraie question c'est aussi dans quelles conditions on va revenir, comment on prépare le retour dans les établissements. Il faut absolument des mesures pour permettre retour dans bonnes conditions sanitaires : avoir commencé la vaccination des enseignants, c'est indispensable, envisager peut-être un retour en demi-groupes, tester régulièrement pendant plusieurs semaines pour s'assurer que le virus ne reparte pas dans les établissements scolaires. Cela fait partie des conditions qu'on mettra sur la table avec le ministère.

Pour les élèves de terminale qui doivent passer leur bac, le grand oral est toujours prévu au mois de juin, pensez-vous qu'il va pouvoir se dérouler normalement ?

Ce qui est certain, c'est qu'il n'a pas pu être préparé normalement. L'égalité est rompue puisqu'il y a des lycées qui sont en hybride depuis le mois de novembre, il y en a qui y sont passés ces dernières semaines.

"La priorité n'est pas de tenir coûte que coûte le grand oral dont on sent bien qu'il est quand même le totem du bac Blanquer."

Sophie Vénétitay

à franceinfo

Aujourd'hui, la priorité, c'est de finir l'année dans la meilleure sérénité possible et ça implique pour nous d'annuler le grand oral. Il faut annuler le grand oral cette année. On doit aussi discuter des modalités de remplacement, chose qui n'a pas été faite jusqu'ici. Mais aujourd'hui, la priorité n'est pas de mettre la pression de l'examen sur les élèves de terminale qui ont déjà eu une année suffisamment compliquée comme ça. La priorité, c'est de pouvoir terminer le mieux possible cette année si particulière.

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