Covid-19 : en Haute-Garonne, une plateforme téléphonique mise en place pour aider les "nouveaux pauvres"

La crise du Covid-19 a entraîné une explosion de nouveaux bénéficiaires. Le département a mis en place des bons d'achats et une plateforme téléphonique pour répondre aux nouvelles demandes.

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Radio France
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Lors d'une distribution alimentaire à Toulouse, le 24 novembre 202. Photo d'illustration. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Avec l'épidémie de Covid-19, le département de Haute-Garonne comme partout en France fait face à un afflux de nouvelles demandes d’aide sociale. Il a fallu s’organiser, d’où l’idée de bons d’achats solidaire et surtout d’une plateforme téléphonique "Haute-Garonne solidarités" pour répondre à ces demandes venant de salariés peu habitués aux circuits de l'aide sociale.

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Ils sont 28% dans le département à n’avoir jamais demandé aucune aide sociale. La crise du Covid a eu comme conséquence une explosion de nouveaux bénéficiaires. "Par exemple, il y a ce jeune qui vient d’obtenir un diplôme d’ingénieur en décembre dernier et qui n’arrive pas à trouver de travail du fait de la crise, raconte Christelle Duplantié, en charge de Haute-Garonne Solidarités. Sa mère arrive au bout de l’aide qu’elle peut lui apporter financièrement et lui se retrouve avec zéro revenu. Il n’est plus étudiant donc il n’a pas le droit aux bourses et il a moins de 25 ans donc il n’a pas le droit au RSA."

Christelle Duplantié s'adresse à de nouveaux publics : "Il y a des intérimaires dans l’aéronautique qui avait des missions et qui n’en ont plus, des sous-traitants qui se retrouvent au chômage, des personnes qui travaillaient dans la restauration qui enchaînaient les extras et qui se retrouvent démunis sans possibilité d’accéder à un salaire."

Des bons d'achat pour "les petites choses du quotidien"

Flore Continente est assistante sociale. Elle vient de recevoir un appel d’une personne en grande difficulté, qui n’avait jamais demandé aucune aide : "On a beaucoup de sous traitants de l'aéronautique, c'est une personne qui du coup a eu l'annonce qu'elle allait être licencié. Avec une perte de salaire, elle a entre 300 et 400 euros par mois. Elle va passer en plus au chômage. 

Il est aussi possible de demander des bons d’achat. C’est ce qu’a fait Perrine, une étudiante dont le mari est au chômage. "Il travaillait avant le Covid dans un restaurant à temps partiel, explique-t-elle. Il a toujours des revenus partiels qui sont de 430 euros par mois, ça ne fait pas lourd. C'est comme des tickets restaurant qui sont valables à la fois pour des courses alimentaires, pour la pharmacie, pour le transport, toutes les petites choses du quotidien."

50 appels par jour 

Il y a 50 appels par jour à Haute-Garonne Solidarités, cinq fois plus que lors du lancement de la plateforme il y a un mois. Le département de Haute-Garonne a dû aussi débloquer en urgence près de 200 000 euros de subventions exceptionnelles Covid pour les associations d’aide alimentaire.

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