Covid-19 : à Paris, un gymnase transformé en cantine et des parents devenus surveillants pour pouvoir respecter le protocole sanitaire

Afin d'appliquer les nouvelles règles, comme la distance entre les élèves, le collège-lycée La Fontaine n'a pas eu d'autre choix que d'aménager l'espace habituellement dédié au sport et de faire appel à des parents bénévoles pour assurer la surveillance.

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Radio France
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Le gymnase fait office de deuxième réfectoire dans la cité scolaire La Fontaine, à Paris (16e arrondissement). (ALEXIS MOREL / FRANCE-INFO)

Il y a quelques semaines, les élèves y jouaient encore au "ping-pong". Désormais le gymnase de la cité scolaire La Fontaine, dans le 16e arrondissement de Paris, fait office de deuxième réfectoire pour faciliter l'application du nouveau protocole sanitaire anti Covid-19, avec des surveillants un peu particuliers.

"Ils vont essayer de vous attendrir"

Aujourd'hui, ce sont des mamans volontaires qui sont venues prêter main forte aux assistants d'éducation, à la demande de Marianne Dodinet, la proviseure."On était, dans notre réfectoire, dans l'incapacité d'accueillir les élèves dans de bonnes conditions, on ne pouvait pas respecter la distance. Donc on a décidé, puisqu'on a plus le droit de faire du sport en intérieur, d'utiliser un de nos gymnases pour faire un réfectoire annexe. Je ne pouvais pas trouver des surveillants supplémentaires et donc nous avons écrit à l'ensemble des parents le vendredi soir. Le samedi matin, on avait déjà la réponse de tous les parents pour la première semaine avec au moins deux volontaires par jour."

Une mère d'élève vient aider bénévolement l'équipe de surveillants de la cité scolaire La Fontaine à Paris (16e arrondissement). (ALEXIS MOREL / FRANCE-INFO)

Les parents surveillants doivent notamment veiller au bon placement des élèves. "Ils vont essayer de vous attendrir en disant qu'ils doivent absolument être avec leurs amis, il ne faut pas rentrer dans le jeu sinon on ne s'en sort pas", conseille la proviseure à Vanny, mère d'un élève de sixième. "Je me suis dit pourquoi ne pas aider l'école et ça me permet en même temps de voir mon fils", explique-t-elle.

"Je suis en télétravail et ça permet de voir autre chose plutôt que de rester à la maison". 

Vanny, mère d'un élève de sixième

à franceinfo

"Alors ça fait bizarre d'avoir des mamans qui surveillent ?", demande-t-on aux élèves attablés. "Justement là il y a la mienne, nous répond Milane. C'est un peu gênant d'être avec des amis et qu'elle vienne parce que je me disais mais 'normalement elle était en télétravail' mais en fait non, elle est venue, mais elle ne me l'a même pas dit !" 

Moins de bruit dans la cantine

Une surprise pour ce collégien mais un casse-tête pour la cité scolaire. Deux cantines au lieu d'une, cela signifie louer des tables supplémentaires, acheter de la vaisselle jetable pour que les élèves ne cassent pas les assiettes dans les escaliers qui mènent au gymnase, un surcoût d'1,30 euros par enfant. "On navigue à vue depuis une quinzaine de jours, confie Olivier Latchimy, assistant de gestion, pour arriver à trouver des moyens pour assurer à la fois la sécurité des élèves et en même temps la continuité du service, c'est assez inédit."

Heureusement, les parents eux sont bénévoles et en plus, leur présence a des effets inattendus. "Mine de rien, avoir des parents dans la cantine ça calme les élèves, constate Olivier Latchimy. Il y a un rapport qui n'est pas le même qu'avec les surveillants, il y a un respect qui se fait. Au niveau sonore, on constate que ça s'améliore et si on pouvait avoir des parents tous les jours, on signerait." Pour l'instant, l'assistant de gestion n'a pas de souci à se faire, les plannings de volontaires sont complets pour plusieurs semaines.

Covid-19 : à Paris, un gymnase transformé en cantine et des parents devenus surveillants - le reportage d'Alexis Morel
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