Coronavirus : une tribune et une pétition pour que les médecins puissent prescrire de l'hydroxychloroquine à tous les malades du Covid-19

La pétition intitulée "Ne perdons plus de temps" est en ligne sur le site change.org.

Un membre du personnel médical de l\'IHU Méditérannée Infection de Marseille montre des comprimés contenant de la chloroquine et du Plaqueril, le 26 février 2020 (photo d\'illustration).
Un membre du personnel médical de l'IHU Méditérannée Infection de Marseille montre des comprimés contenant de la chloroquine et du Plaqueril, le 26 février 2020 (photo d'illustration). (GERARD JULIEN / AFP)

Philippe Douste-Blazy lance, avec une dizaine d'autres médecins, une pétition en ligne pour que les médecins puissent prescrire de l'hydroxychloroquine à tous les malades du coronavirus, a annoncé l'ancien ministre de la Santé vendredi 3 avril sur franceinfo. Son utilisation contre le Covid-19 fait débat dans le milieu médical, alors que des tests sur les effets de la molécule sont effectués dans plusieurs centres hospitaliers.

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La pétition intitulée "Ne perdons plus de temps" est en ligne sur le site change.org. Les médecins expliquent leur démarche dans une tribune à paraître samedi dans Le Parisien.

Un traitement à donner "le plus tôt possible"

Philippe Douste-Blazy l'avoue, "nous n'avons pas de certitudes" sur l'efficacité réelle du traitement à la chloroquine associée à un antibiotique. "Mais lorsqu'on est en guerre dans une bataille, les certitudes, elles arrivent à la fin, lorsqu'on compte le nombre de morts", explique l'ancien ministre de la Santé.

Il déplore qu'"aujourd'hui le décret ministériel ne permet aux médecins que de soigner les gens qui ont des formes sévères. Or, on sait que c'est dans les formes sévères que ce médicament ne marche pas". Philippe Douste-Blazy estime que "si vous donnez le traitement le plus tôt possible, il est plus efficace. Et donc, si vous voulez désengorger les hôpitaux, si vous voulez avoir moins de gens à l'hôpital, et moins de gens en réanimation. Moi, je pense que c'est ce qu'il faut faire".

La crainte d'un "manque de stock"

Philippe Douste-Blazy est membre à titre bénévole, du conseil d'administration de l'Institut Hospitalier Universitaire (IHU) de Marseille, dirigé par le Pr Raoult. Il est convaincu que l'approche adoptée par ce médecin est la bonne. On a "une équipe qui montre que la charge virale sous hydroxychloroquine et azithromicine chute chez le malade au bout de cinq jours et donc, non seulement il n'est plus contagieux, mais il est amélioré".

Il rappelle également que plusieurs pays ont opté pour ces médicaments, à commencer par les États-Unis. Il demande donc qu'il y ait "des stocks commandés par l'État parce que je vois que les Etats-Unis achètent des millions de doses. Je ne voudrais pas qu'on soit en manque de stock".

Interrogé par ailleurs sur l'intérêt du port du masque "alternatif, comme le conseille l'Académie de médecine", Philippe Douste-Blazy répond qu'il encourage cette démarche : "Absolument. Quand je n'ai pas de masques (…) et que je vais faire des courses, il m'arrive de mettre mon écharpe devant moi" pour éviter les postillons. Toutefois, l'ancien ministre estime qu'il "faut qu'il y ait des études sur l'efficacité de ces fameux masques alternatifs".