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Coronavirus : "On est logé gratuitement, on nous bichonne, on nous sourit", des soignants sont accueillis gratuitement dans un hôtel parisien

L’hôtel Holiday Inn gare de l’Est, à Paris, accueille gratuitement 80 soignants volontaires venus renforcer les hôpitaux d'Ile-de-France. 

Article rédigé par France Info, Sophie Delpont
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min
Élisabeth, infirmière libérale (à gauche), et son amie Virginie, infirmière, arrivées en renfort depuis Hyères (Var), se sont retrouvées par hasard à l'Holiday Inn, Gare de l'Est, à Paris. (SOPHIE DELPONT / RADIO FRANCE)

Dans le hall de l’hôtel Holiday Inn Gare de l’Est, dans le 10e arrondissement de Paris, Elisabeth se prépare un café. Cette infirmière volontaire de 45 ans venue du Var pour aider les hôpitaux de Paris a été la première "cliente" de l'hôtel, le 31 mars. "On est logé gratuitement, on nous bichonne, café, viennoiseries, et l'accueil est super sympa, on nous sourit au réveil", relate Elisabeth. 

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L'infirmière a temporairement intégré le service "pneumo-Covid" de l'hôpital Avicenne, "dans le 93, il me semble", explique l'infirmière qui ne "pensait pas un jour passer un mois dans un hôtel quatre étoiles à Paris"

Il y a des journées plus difficiles que d'autres, on le voit sur les visages

Delphine Bao, directrice par intérim de l'Holiday Inn Gare de l'Est

Le personnel de l'hôtel essaye de distraire un peu les soignants. Chaque jour, une charade est par exemple inscrite sur un panneau, le "mot du jour", à deviner au petit-déjeuner. "Ils nous font aussi des petites blagues, ça fait sourire", raconte Elisabeth, "touchée" par la solidarité des hôteliers et des soignants qu'elle côtoie depuis son arrivée. 

Delphine Bao, directrice par intérim de l'Holiday Inn, Gare de l'Est, à Paris, le 18 avril 2020; (SOPHIE DELPONT / RADIO FRANCE)

Elisabeth ne s'attendait d'ailleurs pas à rencontrer une situation aussi difficile à l'hôpital. "On aura certainement un petit effet boomerang en partant parce que, quand je suis venue ici, je n'imaginais pas ce que j'allais voir : le nombre de personnes touchées, le nombre de personnes qu'on perd. Au début, je les comptais, j'avoue que maintenant je ne compte plus", indique Elisabeth. Elle dit avoir "souvent les larmes qui montent, surtout au contact des familles" alors ces quelques moments de convivialité à l'hôtel, lui permettent "de vider un peu sa tête"

Retrouvailles entre anciennes collègues 

Heureux hasard pour Elisabeth, l'infirmière a retrouvé par hasard une connaissance à l'hôtel. "J'ai retrouvé une collègue avec qui je travaillais en binôme, de nuit, il y a plusieurs années, c'est un concours de circonstances", raconte l'infirmière, contente d'avoir trouvé un soutien dans cette période particulière.

 

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