Coronavirus : le Parlement donne son feu vert à l'application de traçage StopCovid

Elle est censée aider à lutter contre l'épidémie en traçant les "cas contacts".

Des députés siègent dans l\'hémicycle de l\'Assemblée nationale, à Paris, le 26 mai 2020.
Des députés siègent dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, à Paris, le 26 mai 2020. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Le Parlement a approuvé, mercredi 27 mai, l'application de traçage StopCovid, censée aider à lutter contre la propagation du coronavirus, en traçant les "cas contacts". Dans le détail, 186 sénateurs ont voté pour et 127 contre, quelques heures après les députés. A l'Assemblée nationale, 338 élus ont voté pour et 215 contre. Ces votes n'étaient pas contraignants mais avaient une dimension symbolique pour le gouvernement.

Le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau, a affirmé mercredi soir soutenir StopCovid, parce qu'il veut "donner sa chance à une application française". "Au-delà des doutes qu'il est légitime d'avoir, j'ai choisi avec beaucoup de membres -très majoritairement- de mon groupe de soutenir cette application, lui donner une chance", a-t-il déclaré lors du débat organisé au Sénat, après l'Assemblée nationale. "La raison la plus forte, la première, c'est celle de la souveraineté numérique", a-t-il indiqué. "Nous ne voulons pas céder aux sirènes des Gafam".

Au Sénat, le PS dénonce un "solutionnisme technologique"

A gauche, Jérôme Durain a affirmé que le groupe PS sera "obligé de dire stop à StopCovid". "Nous n'y croyons pas", a-t-il dit, fustigeant une "foi dans la technologie" qui "peut s'apparenter à du solutionnisme technologique". La présidente du groupe CRCE à majorité communiste, Eliane Assassi, a estimé qu'"un renoncement à sa mise en œuvre aurait été préférable" car, selon elle, "cette application n'assure pas l'équilibre entre libertés individuelles et efficacité sanitaire".

Au contraire, Julien Bargeton, porte-parole du groupe LREM, a affirmé que l'"équilibre" est "atteint sur les libertés publiques". D'après lui, StopCovid n'est "pas un Big Brother".

A l'Assemblée, les Républicains pointent le risque d'une société "orwellienne"

Du côté du Palais Bourbon, cinq "marcheurs" ont voté contre l'application, dont le député Sacha Houlié, et 13 se sont abstenus, comme Aurore Bergé. Hormis l'UDI, les groupes d'opposition de droite comme de gauche ont voté contre à la quasi unanimité, tout comme le RN.

A gauche, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon a mené la charge contre un projet "inefficace" et "liberticide". "Je fais partie de ceux qui ne veulent pas qu'on sache près de qui j'étais à moins d'un mètre, pendant plus d'un quart d'heure. C'est le temps d'un baiser. Ça ne vous regarde pas", a-t-il lancé.

La socialiste Cécile Untermaier a jugé l'application "tardive" et mis en garde contre une société de la "défiance". Le chef de file des députés LR Damien Abad a dénoncé "une application mort-née, qui arrive trop tard" et un "pas de plus même prudent" vers une société "orwellienne".

Selon le secrétaire d'Etat au Numérique Cédric O, "StopCovid n'est pas magique" mais "offre un complément utile et nécessaire" aux équipes sanitaires, qui retracent les personnes en contact avec des malades du coronavirus. L'application utilise la fonction bluetooth et non la géolocalisation.