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Coronavirus : La Suède tente de mieux protéger ses immigrés, surreprésentés parmi les malades du Covid-19

Une campagne de communication a été lancée sur les médias publics avec les dernières nouvelles sur le coronavirus dans une quinzaine de langues différentes.

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Certains migrants ne maitrisent pas encore le suédois et d’autres, qui ont l’habitude de se retrouver en groupe, de s’embrasser, n’ont pas adopté les codes culturels des Suédois, beaucoup plus distants.
Certains migrants ne maitrisent pas encore le suédois et d’autres, qui ont l’habitude de se retrouver en groupe, de s’embrasser, n’ont pas adopté les codes culturels des Suédois, beaucoup plus distants. (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)

La Suède a dépassé, mardi 14 avril, la barre des 1 000 décès liés au coronavirus, mortalité nettement plus élevée que celle observée chez ses voisins nordiques. Le royaume se distingue, depuis le début de la crise, par une politique unique en Europe. Très peu de mesures contraignantes ont été prises, les autorités font confiance à la population pour suivre les consignes d’hygiène et de distanciation sociale. Mais l'une des limites de cette stratégie est qu'elle suppose, à tort, que tous les habitants du pays maîtrisent le suédois.

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Le constat a été établi par Anders Tegnell, l’épidémiologiste qui mène la lutte contre le coronavirus en Suède : les Somaliens, les Irakiens, et les Syriens sont très nombreux parmi les morts du Covid-19. Beaucoup de malades sont aussi domiciliés dans les banlieues à fort taux d’immigration autour de Stockholm. Ainsi, dans la banlieue de Rinkeby, au nord de la capitale, le taux d’infection au coronavirus est de 47 cas pour 10 000 habitants, c’est trois fois plus que la moyenne régionale.

Des codes sociaux différents

Ces chiffres sont, bien sûr, à placer dans le contexte de la vague des réfugiés de 2015. Il faut rappeler qu’à l’époque, la Suède était le pays qui avait le plus ouvert ses portes à ces réfugiés, par rapport à la taille de sa population, et aujourd’hui 20% des résidents suédois sont nés à l’étranger. Ce n’est donc pas un problème mineur, a lui-même reconnu le gouvernement suédois. Il est d'ailleur un des rares en Europe à avoir pris des mesures pour protéger les immigrés très récents.


Certains de ces migrants ne maîtrisent pas encore le suédois et d’autres, qui ont l’habitude de se retrouver en groupe, de se serrer dans les bras, de s’embrasser, n’ont pas adopté les codes culturels des Suédois, beaucoup plus distants. Une campagne de communication a donc été lancée sur les médias publics, où vous pouvez notamment écouter les dernières nouvelles sur le coronavirus dans une quinzaine de langues différentes.

Prêter des appartement pour s'isoler

Localement, les communes multiplient les affichages dans les lieux publics, les communautés se mobilisent aussi sur les réseaux sociaux mais cela n'est pas suffisant. Les autorités ont pris conscience que le problème était certes culturel, mais aussi économique. Beaucoup de ces immigrés vivent dans de petits appartements, avec des familles nombreuses, ce qui favorise évidemment la diffusion du virus. Forts de ce constat, les élus de Rinkeby, par exemple, ont pris une initiative intéressante : ils mettent à disposition des personnes appartenant à des groupes à risques des logements où ils peuvent s’isoler, pour éviter d’être contaminés par leur propre famille.

Certains migrants ne maitrisent pas encore le suédois et d’autres, qui ont l’habitude de se retrouver en groupe, de s’embrasser, n’ont pas adopté les codes culturels des Suédois, beaucoup plus distants.
Certains migrants ne maitrisent pas encore le suédois et d’autres, qui ont l’habitude de se retrouver en groupe, de s’embrasser, n’ont pas adopté les codes culturels des Suédois, beaucoup plus distants. (JONATHAN NACKSTRAND / AFP)