Coronavirus : la recherche pour trouver un médicament "avance bien", annonce un chercheur dans un laboratoire lyonnais

Le laboratoire de Manuel Rosa-Calatrava, directeur adjoint du laboratoire lyonnais VirPath, espère samedi sur franceinfo "repositionner" un médicament déjà existant pour s'en servir de traitement contre le coronavirus.

Le coronavirus 2019-nCov.
Le coronavirus 2019-nCov. (CDC/CDC / MAXPPP)

Manuel Rosa-Calatrava, directeur de recherche à l’Inserm et directeur adjoint du laboratoire lyonnais VirPath (Centre International de Recherche en Infectiologie), déclare samedi 7 mars sur franceinfo que la recherche pour trouver un médicament contre le coronavirus "avance bien". Même s'il ne faut pas s'attendre à trouver ce remède prochainement dans les pharmacies, le chercheur "espère bien pouvoir annoncer dans les tout prochains jours des résultats consolidés." Son laboratoire espère "repositionner" un médicament déjà existant pour s'en servir de traitement contre le coronavirus.

franceinfo : Où en êtes-vous de vos recherches ?

Manuel Rosa-Calatrava : Nous avons, depuis un mois et demi, travaillé sur le coronavirus. On l'a isolé, on l'a amplifié, on l'a caractérisé par séquençage, on a constitué des banques virales de travail. Et puis surtout on a mis en place et caractérisé des modèles d'infection cliniques qui nous ont permis d'évaluer plusieurs médicaments pour leur repositionnement en tant que nouveaux antiviraux.

Peut-on imaginer une annonce favorable dans ces prochains jours ?

Oui, cela avance bien, on a effectivement éprouvé cette technologie déjà sur la grippe. Nous avons un essai clinique de phase 2 que nous menons depuis 2 ans sur un médicament qui est un antihypertenseur comme antigrippe. Et aujourd'hui nous sommes en train de finaliser nos travaux d'évaluation de plusieurs médicaments pour leur repositionnement comme antiviral contre le Covid 19. Et j'espère bien pouvoir annoncer dans les tout prochains jours des résultats qui seront, je l'espère, consolidés pour ces quelques médicaments que nous proposerons en terme de repositionnement.

La recherche a-t-elle pris du retard depuis l'épidémie du Sras en 2003 ?

Il ne faut pas rentrer dans la polémique. Je pense qu'on peut toujours mieux faire. Nous, à Lyon, on a continué à travailler sur les coronavirus, et en particulier sur le MERS coronavirus, en 2014, lors de son émergence au Moyen-Orient. On a repositionné deux médicaments contre ce virus. Donc c'est pour cela que nous étions très réactifs par rapport à ce coronavirus Covid-19 et que nous avons pu sélectionner très vite des médicaments pour leur repositionnement.