Coronavirus : la France devrait perdre "presque un million" d'emplois cette année, estime la Banque de France

Le taux de chômage pourrait atteindre un pic de 11,8% mi-2021, selon les estimations de l'institution publiées mardi.  

Une agence Pôle emploi à Saint-Etienne (Loire), le 6 février 2020. 
Une agence Pôle emploi à Saint-Etienne (Loire), le 6 février 2020.  (MAXPPP)

De sombres projections. La France risque de perdre "presque un million" d'emplois cette année et le taux de chômage pourrait atteindre un pic de 11,8% mi-2021, selon des estimations publiées par la Banque de France mardi 9 juin. L'économie française devrait plonger d'environ 10% cette année, malgré une reprise "progressive" de l'activité à partir du troisième trimestre, toujours selon l'institution. 

Après le "choc très fort" causé par le confinement, le produit intérieur brut devrait ensuite rebondir de 7% en 2021, puis augmenter encore de 4% en 2022, prévoit la banque centrale française dans un scénario qui repose sur une circulation du Covid-19 sous contrôle et une économie qui s'adapte et malgré le pic de chômage anticipé.

Pas de baisse du chômage avant 2022

"Ce fort rebond apparent ne permettrait pas de retrouver le niveau d'activité de fin 2019 avant mi-2022", souligne toutefois la Banque de France. Ces prévisions restent dépendantes de nombreuses incertitudes, et "l'arbitrage" entre épargne et consommation sera "essentiel pour le rythme de la reprise". Il est "probable que la montée attendue du chômage et le contexte global de forte incertitude continuent de peser sur les comportements d'achats", juge-t-elle.

Elle prévoit ainsi que le taux d'épargne des ménages dépasse les 22% cette année et que la consommation recule de 9,3%. Avec des marges affaiblies et une activité au ralenti, les entreprises réduiraient de leur côté de 23,3% leurs investissements.

Ces difficultés vont "provoquer une réduction importante de l'emploi", mais de manière un peu décalée dans le temps, à mesure que le gouvernement réduit le dispositif massif de chômage partiel mis en place dès le mois de mars. Il faudrait attendre 2022 pour voir redescendre le chômage à 9,7%.