Coronavirus : l'Italie va régulariser des centaines de milliers de travailleurs sans papiers

La crise du Covid-19 les rend encore plus vulnérables. Le gouvernement italien va donc faciliter l'obtention de permis de séjour temporaires pour les travailleurs sans papiers, indispensables aux secteurs de l'agriculture ou encore des services à la personne. Le nationaliste Matteo Salvini s'insurge.

Un migrant au travail en Calabre, dans le sud de l\'Italie, porte un masque pour se protéger de l\'infection du coronavirus. L\'agriculture italienne connaît de nombreuses difficultés face au manque de travailleurs pour récolter les fruits et légumes.
Un migrant au travail en Calabre, dans le sud de l'Italie, porte un masque pour se protéger de l'infection du coronavirus. L'agriculture italienne connaît de nombreuses difficultés face au manque de travailleurs pour récolter les fruits et légumes. (ALFONSO DI VINCENZO / IPA / MAXPPP)

Le gouvernement italien l'a acté en Conseil des ministres mercredi 13 mai. Alors que l'épidémie de coronavirus ravage l'économie, l'obtention de permis de séjour temporaires sera facilitée pour les travailleurs sans papiers. Ils sont encore moins protégé en ce moment, bien qu'ils soient indispensables aux secteurs de l'agriculture ou encore des services à la personne. "La dignité a gagné" se félicite la ministre de l'Agriculture Teresa Bellanova, dont c'était le combat.

Ces hommes et ces femmes pourront demander une protection sociale et une reconnaissance de leur travail !Teresa Bellanova, à la radio Rai Uno.

S'il n'y a pas de chiffre officiel du nombre de régularisations prévues, elles pourraient être massives, le nombre de sans-papiers étant estimé à 600 000 dans le pays. Pour l'obtenir, les aides à domicile devront, par exemple, présenter un contrat de travail. Les saisonniers agricoles obtiendront, eux, un permis de séjour de six mois pour trouver du travail légal et ainsi lutter contre l'exploitation de certains "mafieux" qui les réduisent en "esclavage", toujours selon les mots de la ministre.

La Ligue du Nord agite le risque d'une nouvelle vague de migrants

Le patron de la Ligue, parti d'extrême-droite, Matteo Salvini, s'oppose à ces régularisations. Sa position ne change pas malgré la pandémie de coronavirus : "Aucune amnistie généralisée pour les centaines de milliers de migrants illégaux !". L'ancien vice-président du Conseil des ministres préférerait que ce soient "les immigrés qui ont déjà travaillé avec des documents en règle qui reviennent en Italie" et que soit proposé "du travail aux millions de chômeurs italiens". Sans cela, Matteo Salvini prédit l'arrivée d'une nouvelle vague de migrants sur les côtes italiennes.