Coronavirus en France : les personnes nées à l'étranger ont connu une surmortalité plus forte que le reste de la population

L'Insee explique notamment cette surmortalité par le fait que ces personnes sont plus souvent soumises à la promiscuité de par leur logement, leur profession et leur utilisation accrue des transports en commun.

L\'emprunt plus régulier des transports en commun est l\'une des causes explicatives de la surmortalité des personnes nées en Asie et en Afrique et vivant en France, selon l\'Insee.
L'emprunt plus régulier des transports en commun est l'une des causes explicatives de la surmortalité des personnes nées en Asie et en Afrique et vivant en France, selon l'Insee. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

La surmortalité des personnes nées à l'étranger habitant en France liée au coronavirus a été plus forte lors des mois de mars et avril 2020, en comparaison des personnes nées en France sur la même période, selon une étude de l'Insee publiée mardi 7 juillet. Elle est de +48% pour les personnes nées à l'étranger habitant en France contre +22% pour les personnes nées en France. 

Selon l'Insee, les personnes nées en Asie (+91% de surmortalité) et les personnes nées en Afrique (+114% ; +54% pour les personnes nées au Maghreb) sont les personnes qui ont connu une surmortalité la plus forte sur la période. Pour les personnes nées en Europe (hors France) et dans un pays d'Amérique ou en Océanie, la hausse des décès est proche de celle observée pour les personnes nées en France.  

Les communautés asiatique et africaines les plus touchées

L'Insee explique ces chiffres par le fait que l'Île-de-France, région la plus touchée par l'épidémie de coronavirus, est la région qui accueille le plus de personnes nées à l'étranger. L'Île-de-France est la région la plus fortement touchée par le Covid-19 : +92% de décès en mars-avril par rapport à 2019, alors que sur la même période, la hausse est de +25% pour la France entière.

Ces chiffres importants de surmortalité chez les personnes nées à l'étranger s'expliquent également, selon l'Insee, par le fait que ces personnes vivent plus souvent dans des logements plus exigus, empruntent plus régulièrement les transports en commun et exercent plus souvent des métiers qui sont restés mobilisés durant la crise : personnels de santé, aides-soignants, ambulanciers, forces de l'ordre, transports publics, pompiers, vendeurs, livreurs, agents de nettoyage... Ils ont donc globalement été davantage au contact du virus. 

En Seine-Saint-Denis, l'Insee a constaté une augmentation du nombre de décès de 368% pour les personnes nées en Afrique - hors Maghreb -, contre 95% pour les personnes nées en France.