Coronavirus : trois cas confirmés à Paris et à Bordeaux, les premiers en Europe

Trois patients ont été hospitalisés à Bordeaux et à Paris. Ils sont atteints du nouveau coronavirus chinois.

Le patient parisien atteint du coronavirus est hospitalisé à Bichat.
Le patient parisien atteint du coronavirus est hospitalisé à Bichat. (HUMBERT / AFP)

Le nouveau coronavirus chinois est arrivé en Europe, et plus précisément en France. Trois cas ont été "confirmés", les premiers recensés officiellement sur le Vieux Continent, a annoncé le ministère de la Santé, vendredi 24 janvier au soir.  Les trois patients ont été hospitalisés en isolement. Tous venaient récemment de Chine.

Les deux malades parisiens se trouvent à l'hôpital Bichat, dans le 18e arrondissement de Paris. Il s'agit d'un couple de touristes chinois qui visitaient la capitale, selon les informations recueillies par franceinfo. Ils ont une trentaine d'années et ils sont passés récemment par Wuhan, le foyer de l'épidémie en Chine. Les deux patients vont bien, indique l’Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France.

"Nouvelles rassurantes" du patient de Bordeaux

A Bordeaux, "le patient est âgé de 48 ans, il revient de Chine, il est passé par la ville de Wuhan, il a consulté pour des symptômes le 23 janvier [jeudi], a indiqué la ministre Agnès Buzyn. Il est hospitalisé depuis hier à Bordeaux [où il vit], dans une chambre isolée. Il va bien. Il a été en contact avec une dizaine de personnes depuis son arrivée en France." Il "est bien pris en main et les nouvelles sont rassurantes", a ajouté, samedi, lors d'un point presse, Nicolas Florian, le maire de Bordeaux.

Le patient tousse un peu mais ne reçoit pas de traitement particulier, mis à part du paracétamol pour la fièvre, selon ses proches, interrogés par France 3 Nouvelle Aquitaine. Il s'agit d'un ressortissant chinois originaire de Wuhan qui vit et travaille dans la région bordelaise en coopération avec la Chine. Il souhaite pour l'heure rester anonyme. Comme le rappelle France 3, la ville de Bordeaux est jumelée avec Wuhan depuis 1998. De nombreux échanges, notamment scolaires, sont effectués chaque année.

"Il faut traiter une épidémie comme un incendie"

"Nous sommes en train de remonter l'histoire de ces patients positifs de façon à rentrer en contact avec les personnes qu'ils ont croisées", a expliqué Agnès Buzyn, en précisant que la période d'incubation était probablement "autour de sept jours, entre deux et douze jours""Nous avons aujourd'hui les premiers cas européens, probablement parce que nous avons mis au point le test très rapidement et que nous sommes capables de les identifier", a estimé la ministre. "Il faut traiter une épidémie comme on traite un incendie, très vite repérer la source" et la "circonscrire le plus vite possible", a-t-elle encore déclaré. 

Les personnes avec qui les patients ont été en contact doivent ainsi "prendre leur température plusieurs fois par jour, contacter le centre 15 en cas de symptômes et rester chez elles pour l'instant afin d'éviter tout contact ultérieur qui favoriserait la propagation du virus", a insisté Agnès Buzyn, en appelant à ne surtout pas se rendre aux urgences.

La ministre de la Santé a insisté sur le fait qu'il n'était pas possible de contrôler les "multiples voies" pour revenir de Chine : "On voit bien la difficulté dans un monde comme le nôtre de fermer les frontières, ça n'est en réalité pas possible." "Pour les voyageurs qui rentrent de Chine, il est important de se surveiller, et au moindre signe respiratoire, ou si l'on a de la fièvre, il ne faut pas aller aux urgences, il faut appeler le centre 15 qui vient chercher le patient", a-t-elle insisté.