Coronavirus : Bruno Le Maire annonce "un effort total de 15 milliards d'euros" pour soutenir la filière aéronautique

"Nous décrétons l'état d'urgence pour sauver notre industrie aéronautique pour lui permettre d'être plus compétitive" et "plus décarbonée" en produisant l'"avion vert" de demain, a affirmé le ministre.

Des avions commerciaux Airbus sur le tarmac de Toulouse, le 29 mai 2019.
Des avions commerciaux Airbus sur le tarmac de Toulouse, le 29 mai 2019. (JEAN-VINCENT REYMONDON / AIRBUS / AFP)

Le plan de soutien à la filière aéronautique, frappée de plein fouet par la crise du coronavirus, représente "un effort total de 15 milliards d'euros de la nation", a annoncé mardi 9 juin le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. "Nous décrétons l'état d'urgence pour sauver notre industrie aéronautique pour lui permettre d'être plus compétitive" et "plus décarbonée" en produisant l'"avion vert" de demain, a affirmé le ministre.

Ce plan de relance sectoriel, dont le montant intègre l'aide financière de sept milliards d'euros déjà accordée à Air France-KLM, comporte deux fonds dédiés au soutien des PME et ETI (entreprises de taille intermédiaire) de la filière : un fonds d'investissement avec une dotation initiale de 500 millions d'euros dès cet été, qui atteindra un milliard d'euros à terme, pour favoriser leur développement et un fonds de 300 millions d'euros pour la robotisation et la numérisation.

"Parvenir à un avion neutre en carbone en 2035"

Le plan prévoit également quelque 1,5 milliard d'euros de financement public consacrés dans les trois prochaines années à la recherche-développement, dans le but de "parvenir à un avion neutre en carbone en 2035", a précisé Bruno Le Maire. Alors que près d'un tiers de 35 000 emplois consacrés à la R&D dans la filière aéronautique sont remis en question par les difficultés du secteur, l'objectif est de préparer les prochaines générations d'avions commerciaux, d'hélicoptères et avions d'affaires dotées de nouveaux modes de propulsion émettant moins de CO2.

Par ailleurs, le ministère des Armées va anticiper dès cet année des commandes d'aéronefs militaires qui étaient prévues pour plus tard, à hauteur de 600 millions d'euros, soit environ 5% de son budget d'équipements, a annoncé la ministre Florence Parly.

Ces commandes concernent notamment trois Airbus A330 qui seront à terme transformés en avions ravitailleurs (A330 MRTT), 8 hélicoptères de manoeuvre Caracal, un avion léger de surveillance et de renseignement et des drones destinés à la Marine.

Quelque 200 millions seront également consacrés par l'Intérieur à l'achat d'aéronefs pour la gendarmerie et la sécurité civile, tandis que le budget du fonds dans les PME de l'industrie de défense, nommé Definvest, sera porté de 50 à 100 millions d'euros pour les cinq prochaines années.

"Un tiers des emplois de la filière" menacés

Le secteur aéronautique représente 300 000 emploi directs et indirects en France. "Si nous n'étions pas intervenus tout de suite, c'est un tiers des emplois de la filière qui auraient disparu", a affirmé Bruno Le Maire, appelant les industriels à tout "faire pour éviter les départs contraints".

Au-delà de ce plan, le secteur aéronautique continuera aussi à bénéficier de mesures non spécifiques mises en place depuis le début de la crise, comme les prêts garantis par l'Etat,  des aménagements des dispositifs de chômage partiel, ainsi que des garanties publiques à l'export, par exemple.