Covid-19 : l’Agence de sécurité du médicament dit non à Didier Raoult qui veut utiliser l’hydroxychloroquine de façon exceptionnelle

L'ANSM dit s'être basée sur les nombreuses études scientifiques pour justifier son refus. 

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Radio France
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Didier Raoult, le 15 septembre 2020.  (XOS? BOUZAS / HANS LUCAS)

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a rejeté la demande de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille, dirigé par le professeur Didier Raoult, d’utiliser l’hydroxychloroquine de façon exceptionnelle pour traiter des patients atteints du Covid-19. L’établissement public a publié sa décision vendredi 23 octobre sur son site internet.  

L'ANSM justifie son refus 

"Nous avons reçu une demande de recommandation temporaire d’utilisation (RTU) de l’hydroxychloroquine dans la prise en charge de la maladie Covid-19, de la part de l’IHU de Marseille", en août dernier, explique l’ANSM. Le RTU, réclamé par l'IHU, est un dispositif d’encadrement transitoire qui permet, en France, l'utilisation de certains médicaments en dehors de leur autorisation de mise sur le marché.

En se basant "sur les nombreuses études récentes publiées sur l’efficacité et la sécurité de l’hydroxychloroquine", l'ANSM estime que "les données disponibles, très hétérogènes et inégales, ne permettent pas de présager d’un bénéfice de l’hydroxychloroquine, seule ou en association, pour le traitement ou la prévention de la maladie Covid-19". 

Une décision "en phase avec la majorité des recommandations internationales"

"Dans ce contexte et au regard des données de sécurité disponibles faisant apparaître des risques majorés, notamment cardio-vasculaires, il ne peut être présumé d’un rapport bénéfice/risque favorable de l’hydroxychloroquine quel que soit son contexte d’utilisation, poursuit le communiqué de l'ANSM. Par conséquent nous ne pouvons pas répondre favorablement à la demande de RTU de l'hydroxychloroquine dans la prise en charge de la maladie Covid-19", conclut l’Agence de sécurité du médicament qui a annoncé sa décision à l’IHU de Marseille dans un courrier de huit pages, daté du 21 octobre.  

L’établissement public souligne que "cette décision est en phase avec la très grande majorité des recommandations thérapeutiques internationales" mais qu’elle pourra "être révisée à tout moment, notamment si de nouveaux résultats d’études cliniques venaient modifier le constat fait à ce jour".  

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, le professeur Didier Raoult défend ce médicament, utilisé selon les pays comme traitement du paludisme ou de maladies auto-immunes.

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