"Cela a été dur, je ne le nie pas" : guéri du Covid-19, Boris Johnson revient sur les quelques jours qu'il a passé en soin intensif

Dans l'interview qu'il a accordée au tabloïd "The Sun", le Premier ministre britannique dévoile que son cabinet avait travaillé sur un plan dans l'éventualité de son décès.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson pose avec un dessin d\'enfant lui souhaitant un prompt rétablissement, dans son bureau du 10 Downing street, à Londres, le 28 avril 2020. 
Le Premier ministre britannique Boris Johnson pose avec un dessin d'enfant lui souhaitant un prompt rétablissement, dans son bureau du 10 Downing street, à Londres, le 28 avril 2020.  (ANDREW PARSONS / 10 DOWNING STREET / AFP)

Le Premier ministre britannique s'est confié pour la première fois sur son expérience du coronavirus. Dans le quotidien The Sun (lien en anglais)  Boris Johnson, qui a surmonté une grave infection au Covid-19, révèle dimanche 3 mai que le gouvernement britannique s'était préparé à l'éventualité de son décès.

Le Premier ministre, âgé de 55 ans, a été diagnostiqué porteur du coronavirus le 26 mars dernier et a été hospitalisé dix jours plus tard à l'hôpital St. Thomas de Londres avant d'être transféré le 6 avril, en soins intensifs où il a passé trois nuits. "Cela a été dur, je le ne nie pas", déclare le dirigeant britannique, qui est retourné aux affaires lundi dernier, confiant au tabloïd avoir frôlé la mort.

Dans l'interview qu'il a accordée au Sun, il va plus loin en dévoilant que son cabinet avait travaillé sur un plan dans l'éventualité de sa mort. "Ils avaient une stratégie pour faire face à un scénario du type de 'la mort de Staline'", poursuit l'homme politique, en référance à la comédie britannique "La mort de Staline", dans laquelle des proches du dictateur russe se battent pour prendre le pouvoir. 

"J'ai eu du mal à croire que ma santé se détériore à ce point en quelques jours"

Revenant sur les dix jours qu'il a passés à l'isolement dans une résidence de Downing Street avant son hospitalisation, il confesse avoir résisté à l'idée de devoir être admis dans un établissement de santé. "J'étais dans le déni parce que je travaillais et que je continuais à avoir des réunions en liaison vidéo. Mais je me sentais vraiment sonné, perdu, c'était vraiment dur", dit-il."Ensuite, on m'a dit que je devais aller à St Thomas. J'ai dit que je ne voulais vraiment pas aller à l'hôpital. Cela ne me semblait pas une bonne décision mais ils étaient plutôt catégoriques. En y repensant, ils ont eu raison de me forcer à y aller", poursuit-il. "J'ai eu du mal à croire que ma santé se détériore à ce point en quelques jours".

De son séjour à l'hôpital, Johnson raconte qu'à son arrivée à St. Thomas, le 5 avril, il a été placé sous oxygène avec un masque et un tube nasal. "Le mauvais moment est venu quand on était à 50-50 sur la nécessité de placer un tube dans ma trachée", dit-il, ajoutant que les indicateurs de saturation en oxygène de son sang continuaient alors à évoluer dans la mauvaise direction. "C'est à ce moment-là que c'est devenu un peu... Ils ont commencé à se demander comment il fallait gérer cela, en terme de présentation", poursuit le chef du gouvernement, interrogé depuis le 10 Downing street. 

"Les médecins disposaient de toute une série de protocoles si la situation avait gravement dégénéré", déclare-t-il enfin, remerciant le personnel soignant dans cet interview publiée quatre jours seulement après la naissance de son fils. Et de conclure : "C'est grâce au travail merveilleux qu'ils font que je m'en suis sorti."