Mortalité, personnes à risque, tendance à la baisse... Ce que nous apprend la nouvelle étude sur le coronavirus Covid-19

L'épidémie partie de Wuhan en décembre a déjà contaminé plus de 74 000 personnes et fait plus de 2 000 morts en Chine continentale, selon le dernier bilan des autorités chinoises.

Des patients atteints de coronavirus dans un hôpital à Wuhan (Chine), le 18 février 2020.
Des patients atteints de coronavirus dans un hôpital à Wuhan (Chine), le 18 février 2020. (WANG YUGUO / REUTERS)

Des travaux de recherche qui révèlent des informations précieuses pour comprendre l'épidémie de coronavirus Covid-19. Le Centre chinois de contrôle et prévention des maladies a mené une vaste étude portant sur 72 314 cas confirmés, suspects, diagnostiqués cliniquement ou asymptomatiques. Franceinfo résume ses principales conclusions.

Une maladie mortelle dans 2,3% des cas

La pneumonie due au coronavirus Covid-19 s'avère bénigne dans 80,9% des cas et mortelle dans seulement 2,3% des cas. Quelque 13,8% des cas sont considérés comme "graves" et 4,7% sont jugés "critiques". L'épidémie partie de Wuhan en décembre a déjà contaminé plus de 74 000 personnes et fait plus de 2 000 morts en Chine continentale, selon le dernier bilan des autorités chinoises.

Les patients déjà atteints de maladies cardiovasculaires sont les plus menacés par une issue fatale, devant les diabétiques ou les personnes souffrant de maladies respiratoires chroniques ou d'hypertension. Des informations qui vont dans le sens d'une précédente étude chinoise. Cette dernière ajoutait que de mauvaises habitudes de vie, comme le tabagisme, pouvait aussi jouer un rôle. 

Les personnes âgées sont les plus à risque

L'étude confirme une information donnée depuis le début de l'épidémie : l'âge joue un rôle important face à la maladie. Et les personnes âgées de plus de 80 ans ont ainsi le taux de mortalité le plus élevé avec 14,8%. A l'inverse, jusqu'à 39 ans, celui-ci reste très bas, à 0,2%, puis s'élève progressivement avec l'âge. Sans que l'étude ne fournisse d'explications à ce sujet, celle-ci révèle que les enfants sont épargnés pour l'instant par l'épidémie. Aucun décès n'est à déplorer parmi les enfants de moins de 10 ans, même si au moins deux nouveau-nés ont été contaminés dans le ventre de leur mère.

Les hommes plus menacés que les femmes

Les premières études laissaient penser que les hommes étaient plus touchés. Mais dans cette étude, il est observé que 51,4% des cas confirmés sont des hommes et 48,6% des femmes. Selon l'étude, les hommes sont en revanche plus menacés que les femmes par une issue fatale (2,8% contre 1,7%). Ainsi, 63,8% des 1023 morts sont des hommes et 36,2% des femmes. 

La ville de Wuhan en première ligne

Près de 86% des personnes contaminées habitent Wuhan ou bien se sont rendues dans la ville du centre de la Chine où le virus est apparu. La mégalopole de 11 millions d'habitants est placée de facto en quarantaine depuis le 23 janvier, ainsi qu'une grande partie de sa province, le Hubei, bouclant au total 56 millions d'habitants. Le département scientifique de l'université Johns Hopkins, à Baltimore (Etats-Unis), a entrepris un travail de recensement des données confirmant que la grande majorité des cas se situe dans la province de Wuhan, comme le montre cette carte réalisée avec les données collectées par le département scientifique de l'université Johns Hopkins.

   
    (JOHNS HOPKINS CSSE)

Le personnel médical très exposé

Au total, 3 019 médecins et autres personnes du secteur médical ont été contaminés, dont 1 688 gravement. Cinq sont déjà morts, à la date du 11 février. Parmi les cas graves, 64% travaillaient dans des hôpitaux de Wuhan, à l'instar du docteur Li Wenliang, qui avait été réprimandé par la police en décembre pour avoir donné l'alerte. Son décès du coronavirus au début du mois a créé une vague de colère en Chine.

La propagation du virus ralentit

Le Covid-19 est hautement contagieux. "Le nouveau coronavirus s'est propagé très rapidement en l'espace de 30 jours d'une seule ville à tout le pays", souligne l'étude parue dans le Journal chinois d'épidémiologie. L'épidémie a atteint "un premier pic" entre les 24 et 26 janvier, juste au moment où les autorités ont placé Wuhan en quarantaine. Mais une "tendance à la baisse" se dessine depuis le 11 février, avec un ralentissement du nombre de nouveaux cas de contamination, particulièrement en dehors du Hubei.

Evolution du nombre de cas de coronavirus en Chine entre le 18 décembre et le 10 février, selon l\'étude du Centre chinois de contrôle et prévention des maladies.
Evolution du nombre de cas de coronavirus en Chine entre le 18 décembre et le 10 février, selon l'étude du Centre chinois de contrôle et prévention des maladies. (FRANCEINFO)

Le 13 février, les autorités chinoises ont élargi leur définition de la maladie pour inclure les cas "diagnostiqués cliniquement" par une radio des poumons et pas seulement par un test de laboratoire. Ce changement s'est traduit par une hausse brutale du nombre de décès et de contaminations. Le rapport laisse entendre que la décision de boucler Wuhan et sa région a aidé à enrayer le rythme de contagion.

La vigilance reste de mise

Le virus s'est répandu au moment où des centaines de millions de Chinois voyageaient du nord au sud du pays à l'occasion du Nouvel an lunaire, la plus grande fête du calendrier. Ce long congé a été prolongé pour réduire le risque de contagion généralisée. Mais à mesure que les gens rentrent chez eux en train, en car ou en avion, il existe un risque de "rebond possible de l'épidémie". Le virus peut aussi "s'adapter avec le temps pour devenir plus virulent", met en garde le rapport, qui appelle le corps médical à "rester vigilant".