"C’est presque de la maltraitance" de ne pas permettre aux adultes autistes "d’avoir une vie au milieu des citoyens", dénonce une association

Vincent Gerhards, vice-président de l'association d'autisme sans frontières 92 s'est félicité lundi sur franceinfo des recommandations formulées par la Haute Autorité de Santé sur l'accompagnement des autistes adultes.

Un résident de l\'association Sesame Autisme dans le département du Doubs, en 2012.
Un résident de l'association Sesame Autisme dans le département du Doubs, en 2012. (MAXPPP)

Le vice-président de l'association Autisme sans frontières des Hauts-de-Seine s'est réjoui lundi 19 février sur franceinfo de la série de recommandations formulées par la Haute autorité de santé (HAS) pour améliorer l'accompagnement des personnes adultes atteintes d'autisme. "C’est vraiment une avancée très importante, s’est réjoui Vincent Gerhards. Enfin en 2018, la France s’est dotée de recommandations [avec un] vrai référentiel pour ce qu’il convient de faire avec les personnes avec autisme, pour leur permettre de vivre correctement." On estime qu'en France, 600 000 personnes seraient concernées par l'autisme.

Une personne autiste "apprend toute sa vie"

L'idée des recommandations est de tout mettre en œuvre pour faciliter l'autonomie de ces personnes et pour leur permettre de vivre en milieu ordinaire, ce qui est loin d'être le cas actuellement. Le rapport de la HAS désigne "les approches comportementales, neuro-développementales ou neurocognitives comme indispensables dans l'accompagnement de l'adulte autiste". Les interventions des travailleurs sociaux, psychologues et autres professionnels de santé doivent ainsi être "personnalisées" en fonction du profil et des choix de l'adulte autiste. 

"Pendant très longtemps, on expliquait qu’une personne avec autisme à partir de six ans, c’était terminé, elle n’apprenait plus rien. On sait aujourd’hui que c’est faux, affirme Vincent Gerhards. Une personne avec autisme apprend toute sa vie", explique-t-il.

Le vice-président d’autisme sans frontières 92 explique que "c’est presque de la maltraitance de les maintenir dans un établissement et ne pas leur permettre d’avoir une vie au milieu des citoyens". Vincent Gerhards recommande que tous ceux "qui s’occupent des personnes avec autisme se mettent à étudier de très près ces recommandations et en tiennent compte", même s'il estime qu'il ne "faut pas se leurrer, cela peut prendre une dizaine d’années au mieux, 15-20 ans au pire".