Allergies : le laboratoire Stallergenes reprend la production sur son site d'Antony

Après avoir été contraint fin 2015 par l'Agence Nationale du médicament (ANSM) de suspendre une partie de sa production, le laboratoire Stallergenes a été autorisé le 10 mars 2016 à redémarrer totalement son activité sur son site d'Antony, dans les Hauts-de-Seine.

Le groupe Stallergenes Greer, spécialisé dans le diagnostic et le traitement des allergies, a annoncé jeudi 10 mars avoir obtenu l'autorisation de reprise totale de la production sur son site d'Antony (Hauts-de-Seine), y compris pour les allergènes préparés spécialement pour un seul individu (APSI).

"Le redémarrage de la production va suivre un plan progressif, à partir de la semaine prochaine", a déclaré à l'AFP Michele Antonelli, le nouveau président de Stallergenes SAS et directeur en charge de l'Europe et du reste du monde (hors Amériques) au sein de Stallergenes Greer.

Le déploiement au second semestre 2015 d'un nouveau système informatique avait fait dérailler le processus opérationnel de l'usine d'Antony, le seul site de production du groupe en France.

En novembre, une inspection de l'Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) avait révélé que des "traitements inadaptés" avaient été envoyés à certains patients suivant des traitements de désensibilisation allergique avec des APSI. Le site avait dû interrompre toute sa production depuis le 2 décembre 2015, et par précaution Stallergenes avait procédé à un rappel de produits auprès de 70.000 patients en France.

Un arrêt de production qui a un lourd impact financier

L'usine avait pu partiellement reprendre sa production dès février, mais uniquement sur des allergènes standard et non sur des APSI. Or cette catégorie représente 70 à 80% du chiffre d'affaires de Stallergenes Greer, a précisé M. Antonelli, qui n'était toutefois pas en mesure jeudi 10 mars de donner une estimation de l'impact financier pour le groupe. "Quand il y a une interruption de la production il y a toujours le danger d'un impact en termes de confiance" a ajouté M. Antonelli.  "Mais d'après les premiers retours que nous avons eus des médecins prescripteurs et de nos patients, l'image de Stallergenes est toujours forte", a-t-il assuré.

La filiale française du danois ALK, grand rival de Stallergenes Greer, a profité de ses déboires: "Du jour au lendemain, le nombre d'ordonnances pour des traitements APSI que l'on a reçu a doublé, passant à 60.000 par mois" entre fin 2015 et début 2016, a récemment déclaré à l'AFP le directeur général d'ALK France, Denis Delval.

En temps normal, environ 300.000 patients par an suivent un traitement de désensibilisation aux allergies par APSI en France.