La mention "photo retouchée" va devenir obligatoire pour lutter contre l'extrême maigreur

Les mannequins devront également fournir un certificat médical pour exercer leur activité.

L\'obligation concerne les images \"insérées dans des messages publicitaires\" dans la presse, sur des affiches, sur internet ou encore dans les catalogues.
L'obligation concerne les images "insérées dans des messages publicitaires" dans la presse, sur des affiches, sur internet ou encore dans les catalogues. (TOM MERTON / CAIAIMAGE / GETTY IMAGES)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Le texte est destiné à "prévenir les troubles du comportement alimentaire", notamment chez les jeunes. Les photographies retouchées pour modifier la silhouette devront bientôt en faire mention explicitement, indique un décret publié vendredi 5 mai au Journal officiel. Les mannequins devront également fournir un certificat médical pour exercer leur activité.

A partir du 1er octobre, il sera ainsi "obligatoire d'accompagner les photographies à usage commercial de la mention 'photographie retouchée' lorsque l'apparence corporelle des mannequins a été modifiée par un logiciel de traitement d'images, pour affiner ou épaissir leur silhouette", indique le ministère de la Santé dans un communiqué.

L'obligation concerne les images "insérées dans des messages publicitaires" dans la presse, sur des affiches, sur internet ou encore dans les catalogues. 

"Eviter la promotion d'idéaux de beauté inaccessibles"

Concernant le certificat médical, il sera délivré par la médecine du travail, "dans le cadre des visites d'information et de prévention ou des examens médicaux d'aptitude" prévus par le code du travail, détaille un arrêté, également publié vendredi. Valable deux ans maximum, il attestera "que l'état de santé global de la personne (...), évalué notamment au regard de son indice de masse corporelle, lui permet l'exercice de l'activité de mannequin".

Cette mesure entre en vigueur dès samedi et s'applique aussi aux mannequins d'un autre pays de l'Espace économique européen lorsqu'ils ou elles exercent en France.

Ces deux dispositions "visent à agir sur l'image du corps dans la société pour éviter la promotion d'idéaux de beauté inaccessibles et prévenir l'anorexie chez les jeunes", ainsi qu'à "protéger la santé d'une catégorie de la population particulièrement touchée par ce risque : les mannequins", explique le ministère. Elles avaient été votées dans la loi Santé de janvier 2016, mais les textes d'application n'avaient toujours pas été publiés.

Les troubles du comportement alimentaire touchent environ 600 000 jeunes en France (dont 40 000 anorexiques) et sont la 2e cause de mortalité chez les 15-24 ans après les accidents de la route.