Le tabac et le stress "impactent fortement le risque d'infarctus chez la jeune femme"

"C'est l'aggravation très brutale d'une heure à l'autre qui doit alerter la femme" a expliqué la cardiologue Claire Mounier-Vehier sur franceinfo alors que le "nombre d'infarctus chez les femmes de moins de 54 ans" est en forte augmentation.

(ALICE S. / BSIP)

Les femmes sont frappées de plus en plus jeunes par l'infarctus du myocarde mais très peu connaissent les symptômes pour être alertées. Claire Mounier-Vehier, présidente de la Fédération française de cardiologie, a expliqué, jeudi 29 septembre sur franceinfo, que deux facteurs, le tabagisme et le stress, "impactent fortement le risque d'infarctus chez la jeune femme".

franceinfo : Un infarctus à 47 ans, ce n'est donc ni rare ni étonnant quand on est une femme ?

Claire Mounier-Vehier : Ce n'est plus étonnant. On note une progression du nombre d'infarctus chez les femmes de moins de 54 ans de 4,8% par an entre 2009 et 2013. Avec des chiffres alarmants, on a décidé d'intensifier notre campagne de prévention auprès du grand public.

A quoi attribuez-vous cette précocité ?

C'est principalement le tabagisme. On a des femmes qui ont été exposées depuis 20 ans au tabac. Aujourd'hui on commence à voir les conséquences de ce tabagisme chronique. Ensuite, on aura le stress. Ces deux facteurs impactent fortement le risque d'infarctus chez la jeune femme.

Quels symptômes doivent alerter ?

La douleur thoracique est le symptôme le plus fréquent. Moins d'une femme sur deux aura une douleur thoracique. On doit être alertée sur les autres symptômes comme le soufflement à l'effort, la fatigue croissante et les palpitations à l'effort ou la nuit.

Peut-on les ressentir sur plusieurs jours ?

C'est l'aggravation très brutale d'une heure à l'autre qui doit alerter la femme et ne pas se dire 'c'est rien je suis fatiguée'. Il faut composer le 15 ou le 118. On a des médecins régulateurs qui commencent à être très bien sensibilisés à la maladie. Il vaut mieux déplacer à tort les urgences que de passer à côté d'un infarctus.

De combien de temps dispose-t-on pour évite une situation critique ?

Dans l'idéal, il faut revasculariser l'artère coronaire en moins de trois heures. Après, la conséquence c'est un coeur fatigué donc l'insuffisance cardiaque avec un muscle cardiaque qui ne se contracte pas bien. Plus vous revascularisez tôt, moins le prix à payer sera important. Après l'accident, aller en rééducation. Réapprendre au muscle à se contracter normalement.

Peut-on se faire suivre tout au long de la vie ?

Chez la femme, on a trois périodes clés de dépistage. Lors de la première contraception, la grossesse et au moment de la ménopause. Une femme qui a des facteurs de risques, qui est une fumeuse depuis un certain nombre d'années, qui a du surpoids, du diabète, vers 40, 45 ans, on peut lui proposer un bilan cardio-vasculaire surtout si elle veut refaire du sport.

Claire Mounier-Vehier, présidente de la Fédération française de cardiologie : " Aujourd'hui on commence à voir les conséquences de ce tabagisme chronique"
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