La situation des médecins à diplôme étranger exerçant dans les hôpitaux français est "alarmante"

C'est ce qu'estime le Syndicat national des Praticiens à Diplôme hors UE qui les a appelés à manifester mercredi devant le ministère de la Santé à Paris.Ces médecins, dont le diplôme n'est pas toujours reconnu en France mais qui sont nombreux à exercer dans les hôpitaux, ont un statut précaire et sont moins bien rémunérés que leurs collègues.

Manifestation devant le ministère de la Santé, de médecins diplômés hors de l\'UE mais exerçant en France (15/06/11).
Manifestation devant le ministère de la Santé, de médecins diplômés hors de l'UE mais exerçant en France (15/06/11). (AFP/Miguel Medina)

C'est ce qu'estime le Syndicat national des Praticiens à Diplôme hors UE qui les a appelés à manifester mercredi devant le ministère de la Santé à Paris.

Ces médecins, dont le diplôme n'est pas toujours reconnu en France mais qui sont nombreux à exercer dans les hôpitaux, ont un statut précaire et sont moins bien rémunérés que leurs collègues.

S'ils ont depuis 2006 accès à trois types de concours pour régulariser leur situation, les procédures ne règlent pas tous les cas, et certaines prendront fin d'ici la fin de l'année, s'inquiète encore le Syndicat national des Praticiens à Diplôme hors Union Européenne (SNPADHUE).

"Si le gouvernement ne fait rien avant fin 2011, des milliers de médecins n'auront plus le droit de travailler et les hôpitaux qui ont besoin d'eux vont se retrouver en grande difficulté", estime encore le président du SNPADHUE, Salem Ould Zein. Ils viennent souvent de pays du Maghreb ou d'Afrique noire francophone.

Ils étaient plusieurs dizaines de manifestants aux abords du ministère de la Santé à Paris, le 15 juin, avec pour slogans: "Praticiens pas chers, statuts précaires", "On n'est pas des bouche-trous".

En 2006, après un mouvement des médecins à diplôme étranger, le gouvernement avait mis en place trois voies d'accès au statut de praticien hospitalier. Ceux qui exerçaient déjà en France avant 2004 disposent de mesures transitoires jusque fin 2011: ils ont accès à un "examen professionnel" par spécialité, tenant compte de leur expérience acquise, qu'ils peuvent passer jusqu'à trois fois. Pour les autres, il existe deux concours, dont l'un destiné spécifiquement aux réfugiés et apatrides.

"Ces procédures ont réglé pas mal de cas, mais beaucoup sont aujourd'hui sans solution", selon Salem Ould Zein. Un millier de praticiens en poste avant 2004 et "environ 3.000" qui ont pris leurs fonctions après cette date, sont aujourd'hui dans l'incertitude, évalue son syndicat.

En 2006, le nombre de médecins à diplôme hors UE - dont certains ont la nationalité française - exerçant dans les hôpitaux français avait été évalué à environ 7.000 (dont 4.000 en formation) par les pouvoirs publics.

Le ministère de la Santé a indiqué travailler en concertation avec les associations de médecins à diplôme étranger: "Notre priorité actuelle est de nous assurer que tous ceux qui veulent passer l'examen puissent le faire dans les meilleures conditions". Le nombre de candidatures pour 2011 n'est pas encore connu, les derniers dossiers étant en cours de traitement, a précisé encore le ministère

L'Amuf, syndicat de médecins urgentistes, a apporté son soutien à la manifestation, soulignant que les médecins à diplôme étranger assumaient souvent "les spécialités et travaux les plus difficiles, les gardes de nuit, les permanences de soins, les cumuls de fonctions".