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La France a suspendu le 13 juillet la vente de graines de fenugrec importées d'Egypte entre 2009 et 2011

Selon un arrêté publié au Journal officiel, la vente est suspendue jusqu'au 31 octobre. La France a emboîté le pas à l'Union européenne qui a pris cette décision le 5 juillet.Le lot incriminé est porteur de la souche O104:H4 de la bactérie E.coli entérohémorragique (48 morts en Allemagne et 1 en Suède) et a un lien avec les intoxications en France.
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Colonies de la mystérieuse bactérie tueuse de la famille E.coli réunies dans une boîte de Petri  à Hambourg (AFP - Caroline SEIDEL)

Selon un arrêté publié au Journal officiel, la vente est suspendue jusqu'au 31 octobre. La France a emboîté le pas à l'Union européenne qui a pris cette décision le 5 juillet.

Le lot incriminé est porteur de la souche O104:H4 de la bactérie E.coli entérohémorragique (48 morts en Allemagne et 1 en Suède) et a un lien avec les intoxications en France.

La Suisse a également décidé le 13 juillet de suspendre "temporairement" les importations de graines germées en provenance d'Egypte, le ministère helvétique de la Santé arguant que, "selon les investigations menées par les autorités allemandes et l'Autorité européenne de sécurité des aliments, des pousses obtenues à partir de graines de fenugrec en provenance d'Egypte sont à l'origine de l'épidémie d'Eceh".

L'interdiction de l'Union européenne annoncée le 5 juillet par le commissaire à la Santé John Dalli a été dictée par le principe de précaution et par la virulence de la bactérie.

"L'enquête de traçabilité menée par l' Agence européenne de sécurité alimentaire a conclu qu'un lot de graines de fenugrec importées d'Egypte est le lien le plus probable entre les deux épidémies" en Allemagne et en France, a annoncé l'Agence basée à Parme, en Italie. A Bordeaux, une dizaine de personnes ont également été hospitalisées et une personne âgée est morte.

L'agence européenne de sécurité alimentaire a mené une enquête minutieuse pour retrouver l'origine des graines suspectes. Arrivée en novembre 2009 dans le port d'Anvers en Belgique, la cargaison a ensuite été acheminée jusqu'à Rotterdam aux Pays-Bas, puis livrée à un importateur en Allemagne.

Ce dernier a ensuite revendu le produit à des distributeurs en Allemagne et au Royaume-Uni. Les Britanniques ont revendu les 100 lots de semences incriminés dans l'épidémie à Bordeaux, en France.

L'Agence européenne de sécurité alimentaire estime que d'autres lots importés d'Egypte pendant la période 2009-2010 pourraient également être incriminés et précise qu'elle poursuit son enquête de traçabilité.

Poursuivre les études sur la bactérie
Les études sur la bactérie E.coli impliquée doivent se poursuivre, notamment pour mieux cerner ses capacités de survie dans les semences et "mieux cerner les caractéristiques" de cette souche, a relevé l' Anses dans un avis mis en ligne le 12 juillet. L'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail y dresse un état des connaissances sur la bactérie E.coli 0104 qui a sévi à partir du 22 juin en France à Bordeaux et en mai en Allemagne (48 morts).

Concernant les graines de funugrec importées d'Egypte, l'agence estime qu'"à ce stade, la bactérie mise en évidence chez les malades (Escherichia coli O104:H4) n'a pu être détectée dans les graines elles-mêmes". Cependant, comme "une très faible quantité de cette bactérie peut suffire à déclencher l'infection", cette absence de détection de la bactérie dans les échantillons analysés ne signifie pas pour autant la non-contamination des lots de graines.

L'Anses recommande de poursuivre la recherche de la bactérie dans les graines en mettant en oeuvre différents protocoles de détection identifiés dans les laboratoires impliqués, en France et en Europe, et de rassembler au niveau européen suffisamment de lots de graines potentiellement contaminés pour permettre la poursuite de ces tests.

Il s'agit notamment de mieux évaluer les pratiques de germination en conditions industrielles, particulièrement l'impact des procédés de germination mis en oeuvre, et notamment l'effet de la température sur la survie et le multiplication des Escherichia coli producteurs de shigatoxines pathogènes.

Il est actuellement recommandé de faire cuire les graines germées (70°C pendant 2 minutes) et ne pas les consommer crues, rappelle l'Anses.
Le Caire refuse toute responsabilité
L'Egypte a rejeté le 6 juillet toute responsabilité dans une "possible contamination" par E.coli d'un lot de fenugrec égyptien.

Le lot incriminé, exporté en novembre 2009, contenait des graines séchées et "scientifiquement, la bactérie ne peut pas rester sur une telle surface sèche pendant une période allant de 2009 à juin 2011", a justifié le ministère égyptien de l'Agriculture. "Si les graines germées de fenugrec sont suspectées d'être contaminées par une souche pathogène de E.coli, cela peut-être lié à différents processus comme le remballage, ou l'eau utilisée pour la germination", a précisé le ministère.

L' Agence européenne de sécurité alimentaire avait déjà évoqué la piste égyptienne dans un communiqué publié le 29 juin. Mais le ministère égyptien de l'Agriculture avait écarté le 1er juillet la responsabilité de graines de fenugrec produites en Egypte.

Le fenugrec est une plante aux feuilles ovales, proches du trèfle. Ses graines sont utilisées dans l'alimentation car elles sont très riches en phosphore ou magnésium, notamment. Il peut être utilisé comme engrais dans l'agriculture biologique.

Des morts dus à la bactérie
Le lot incriminé est porteur de la souche O104:H4 de la bactérie E.coli entérohémorragique (Eceh). L'intoxication due à cette souche a fait à ce jour 48 morts en Allemagne et un en Suède. Une deuxième épidémie touche la France où une dizaine de personnes ont été atteintes par la bactérie Eceh dans l'agglomération de Bordeaux. Une femme âgée est décédée des suites d'une infection due à la bactérie E.coli dans cette ville du sud-ouest, premier cas connu en France depuis la vague récente de contamination, mais elle n'était pas porteuse de la souche O104.

L'enquête de traçabilité réalisée par la Direction de la Consommation du ministère français a montré que les graines germées consommées étaient du fenugrec, de la moutarde et de la roquette.

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