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La 2e réunion du Comité d'évaluation de l'OMS sur la gestion de la grippe A (H1N1) se déroule à Genève jusqu'à vendredi

L'Organisation mondiale de la santé est accusée par certains d'avoir été influencée par les laboratoires.27 experts choisis par l'OMS sur proposition de ses 193 membres s'entretiendront pour cela avec des représentants des Etats, laboratoires et médias pour évaluer le niveau de préparation et la réponse de l'Organisation à la grippe A.
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Doses de vaccins contre la grippe a (H1N1). (AFP/HO/PNP)

L 'Organisation mondiale de la santé est accusée par certains d'avoir été influencée par les laboratoires.

27 experts choisis par l'OMS sur proposition de ses 193 membres s'entretiendront pour cela avec des représentants des Etats, laboratoires et médias pour évaluer le niveau de préparation et la réponse de l'Organisation à la grippe A.

Les experts devront également examiner l'efficacité du règlement sanitaire international, le texte régissant la prévention et la réponse à apporter aux crises sanitaires à l'échelle mondiale. Son rapport final est attendu pour la prochaine assemblée annuelle de l'OMS en mai 2011.

Deux membres, et pas des moindres, se sont retirés
Depuis son premier rendez-vous en avril où le comité a juste mis en place les grandes lignes de son travail, deux des membres de ce comité ont fait faux bond, a indiqué récemment l'OMS: "Ils se sont retirés, craignant que leur lien étroit avec le travail de l'OMS au cours de la pandémie de grippe H1N1 puisse être perçu comme incompatible avec le rôle du Comité, chargé de fournir une évaluation indépendante", a justifié l'organisation dans un document.

"Bien qu'ils ne soient plus membres de ce Comité, le Pr John Mackenzie et le Dr Tony Evans continueront d'apporter leur contribution aux travaux du Comité d'examen en qualité d'expert lorsqu'ils y seront invités", a assuré l'organisation qui a insisté sur le fait qu'ils "ne seront pas remplacés". La présence de M.Mackenzie dans ce comité chargé d'étudier si l'OMS a réellement exagéré la menace du virus, qui a finalement fait quelque 18.200 morts depuis sa découverte en avril 2009 (considérablement moins que la grippe saisonnière) sous l'influence des laboratoires pharmaceutiques, avait suscité des remous.

Motif: le professeur australien a occupé un rôle clé dans les prises de décisions de l'OMS, dans la mesure où il dirigeait le comité d'experts qui a conseillé à sa directrice générale Margaret Chan de déclarer la première pandémie grippale du siècle le 11 juin 2009. Cette annonce avait automatiquement lancé la production en masse de millions de vaccins et antiviraux, très lucratives pour les laboratoires, mais n'ont au final que très peu servi, les populations ayant largement boudé les campagnes de vaccination.

L'Organisation sur le grill depuis
L' OMS avait déclenché son système d'alerte à grande vitesse, déclarant le H1N1 première pandémie de grippe du siècle, le 11 juin, plus sur des critères géographiques que de sévérité. L'alerte avait déclenché automatiquement la production de vaccins destinés à contrecarrer la maladie présentée alors comme "sournoise" et dangereuse.

Les critiques se sont multipliées ces derniers mois sur les montants engagés par les gouvernements des pays riches pour commander des millions de vaccins et d'antiviraux à la suite de cette alerte.

L'OMS a déjà dû se justifier devant le Conseil de l'Europe, car certains parlementaires l'accusent d'avoir exagéré la menace de la maladie sous l'influence des grands laboratoires. Pour répondre aux critiques, l'organisation, qui est soutenue par beaucoup de virologues, a créé un comité indépendant chargé d'évaluer sa gestion de la pandémie.

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