Sécurité incendie : une situation alarmante à l’Hôpital de la Timone à Marseille

L’Hôpital de la Timone à Marseille serait vulnérable aux incendies. Le Journal Du Dimanche cite un rapport très inquiétant publié par la sous-commission départementale de la sécurité.

Entre 2018 et 2019, 2 millions d\'euros ont été consacrés aux travaux de mise en sécurité
Entre 2018 et 2019, 2 millions d'euros ont été consacrés aux travaux de mise en sécurité

“Portes coupe-feu manquantes, issues de secours cadenassées, matériaux inflammables, vitres sans résistances au feu”... Un inventaire catastrophique pour décrire les carences en matière de sécurité incendie à l’hôpital de La Timone à Marseille. C’est le constat dressé dans un rapport publié par la sous-commission départementale de la sécurité le 4 août 2017 et repris hier par le Journal du Dimanche.

La situation la plus inquiétante est constatée dans l’immeuble à grande hauteur du troisième CHU de France… Un bâtiment des années 1970, haut de 17 étages.

Selon le journal dominical, ni la municipalité, représentée au conseil de surveillance de l’hôpital, ni le directeur de La Timone, ni l’Agence Régionale de Santé, à laquelle le ministère de la santé avait renvoyé n’avait “accepté de répondre” à ces affirmations cette semaine.

Les Hôpitaux de Marseille admettent une "nécéssité de travaux"

Dans un communiqué publié ce dimanche 28 juillet, l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (AP-HM) dont dépend la Timone, indique que la mise aux normes actuelles de ce bâtiment “nécessite des travaux importants qui seront engagés” dans le cadre d’un projet de rénovation immobilière évalué à “315 millions d’euros”

Ce projet a reçu en janvier 2018 un premier accord d’éligibilité. Il est en ce moment même “en phase d'approbation”. Après validation définitive, “l’Etat apportera un financement à hauteur de 50%.” Les collectivités territoriales (Conseil Départemental, Région Sud, Métropole, Ville de Marseille) se sont également déjà engagées “à cofinancer ce plan pour une participation totale de 130 millions d’euros” précise L’APHM.

Dans son communiqué l’Assistance-Publique des Hôpitaux de Marseille souhaite également rassurer en soulignant un grand nombre “de mesures de prévention pour faire face au risque incendie” comme des portes coupe-feu à fermeture automatique en cas d’incendie disposés dans tous les couloirs, des extincteurs et des colonnes sèches ou même un service de sécurité incendie de huit personnes 24 heures sur 24. Le secrétaire général de l'APHM, Pierre Pinzelli a d'ailleurs déclaré auprès de l'AFP "qu'il ne fallait pas s'inquiéter inutilement."

Un manquement déjà épinglé par la Cour des Comptes en 2013

Renaud Muselier, président LR de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, s’est aussi exprimé après les révélations du JDD. Il regrette dans un communiqué publié dimanche “une situation d’extrême gravité”. “Des clarifications sont nécessaires (et) des décisions doivent être prises” face à ces “graves failles en termes de sécurité” poursuit l’élu

La Timone ne serait pas le seul établissement hospitalier à ne pas respecter les normes de sécurité incendie … Dans un rapport de la Cour des Comptes publié en août 2013, 16% des bâtiments CHU avaient eu un avis défavorable à la poursuite d’exploitation par la commission de sécurité incendie, soit 213 au total. Le CHU de Besançon, de Nantes ou encore le CHU Rangueil à Toulouse étaient à l’époque concernés.