Manquements aux normes incendie dans les hôpitaux : "Les moyens humains viennent compenser des moyens techniques défaillants"

Après les révélations du JDD dimanche, le directeur général adjoint de l'AP-HP reconnaît sur franceinfo qu'une vingtaine d'hôpitaux ne respectent pas toutes les normes incendie.

Entrée du service des urgences de l\'hôpital Bichat, à Paris, le 12 janvier 2017 (photo d\'illustration)
Entrée du service des urgences de l'hôpital Bichat, à Paris, le 12 janvier 2017 (photo d'illustration) (MAXPPP)

"Les moyens humains viennent compenser des moyens techniques qui, dans certains bâtiments, sont défaillants", reconnaît dimanche 28 juillet sur franceinfo François Crémieux, directeur général adjoint de L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), après les révélations du Journal du dimanche sur les nombreux hôpitaux qui ne respectent pas les normes de sécurité incendie. Il confirme qu'une vingtaine d'établissements ne respectent pas toutes les normes incendie.

Une mise aux normes difficile, parfois impossible

"Il y a une dizaine d'années, l'AP-HP comptait une quarantaine d'hôpitaux avec des avis défavorables. Au cours des dix dernières années, un vaste plan d'investissement a été réalisé, pour passer d'une quarantaine à une vingtaine d'établissements, dont l'hôpital Bichat, assure François Crémieux. Quand les bâtiments ont été construits, nous n'étions pas soumis aux mêmes normes qu'aujourd'hui. Par exemple, l'hôpital Bichat a été construit dans les années 1980, à la veille d'un durcissement assez important des normes de sécurité".

Depuis plusieurs années, nous investissons régulièrement dans l'hôpital Bichat - une dizaine de millions d'euros - pour faire en sorte que la détection incendie, le désenfumage, les conditions d'évacuation soient au plus près des normes.François Crémieux, directeur général adjoint de l'AP-HPà franceinfo

"Nous avons toute une série de mesures qui permettent de pallier ces manquements techniques, précise encore François Crémieux. À l'hôpital Bichat, une cinquantaine de pompiers se relaient jour et nuit pour assurer la sécurité du bâtiment, compte tenu du fait que les conditions techniques ne sont pas toutes aux normes. Il y a donc six pompiers, 24h sur 24, qui assurent la sécurité."

La mise aux normes de tous les hôpitaux de l'AP-HP est rendue difficile par le fait que les travaux doivent être réalisés en site occupé, autrement dit avec des patients dans les locaux. La changement se fait "donc de manière progressive, en respectant la vie de nos hôpitaux", explique François Crémieux : "Parfois, nous sommes amenés à reconstruire des bâtiments. Ce sera le cas de l'hôpital Bichat, reconstruit à Saint-Ouen, notamment car la mise aux normes complète n'est pas possible."