« Les médecins syriens ont écrit une page de l’histoire de la médecine »

Lancée le 9 octobre par le président turc Recep Tayyip Erdogan, l’offensive au nord de la Syrie aurait déjà fait 133 morts du côté des combattants kurdes, 69 morts chez les civils. Les hôpitaux de la région sont touchés aussi.  

Les autorités kurdes en Syrie ont annoncé l’arrêt des activités de toutes les ONG internationales et le retrait de leurs employés du nord-est du pays. Pour le Professeur Raphaël Pitti, médecin humanitaire très engagé en Syrie, la situation est intenable : « la situation médicale est extrêmement difficile, il a fallu fermer l’hôpital de Ras Al-Aïn, et faire en sorte que les blessés soient renvoyés sur l’arrière. Il y a aussi des gros problèmes de logistique et d’approvisionnement. »

Crainte de la résurgence de Daesh 

Cette offensive sème le chaos dans le nord de la Syrie, où se situent de nombreux camps de réfugiés. « Les forces kurdes ne peuvent plus assumer l’aide humanitaire que représentent ces camps » explique Raphaël Pitti. 160 000 personnes auraient fui la zone après les attaques turques. Selon l'humanitaire, on peut aujourd’hui craindre un retour de Daesh dans la région : « les Kurdes assuraient la sécurité, ils jouaient le rôle des vigipirates. Grâce à eux, Daesh, était dans la clandestinité. Aujourd’hui, il y a une résurgence de Daesh ».

Depuis le début de la guerre, il y a 8 ans, quatre structures médicales de cette zone ont été détruites. « Les médecins syriens ont écrit une page de l’histoire de la médecine. Ils sont ciblés en permanence, les hôpitaux sont détruits… Je voudrais qu’un jour on rende hommage à ces soignants, qui dans un courage exemplaire assurent des soins à ces populations » témoigne le Pr Pitti.

 

« Les médecins syriens ont écrit une page de l’histoire de la médecine »
« Les médecins syriens ont écrit une page de l’histoire de la médecine »