"Là, nous sommes vraiment embolisés" : aux urgences, usagers et professionnels de santé tirent la sonnette d'alarme

Des voix s'élèvent pour appeler à une réorganisation des hôpitaux ainsi que du système français, alors que le plan "hôpital en tension" a été activé dans 97 hôpitaux en France.

Une patiente hospitalisée à l\'hôpital Edouard Herriot, à Lyon (Rhône), le 16 juillet 2006. (Photo d\'illustration)
Une patiente hospitalisée à l'hôpital Edouard Herriot, à Lyon (Rhône), le 16 juillet 2006. (Photo d'illustration) (JEFF PACHOUD / AFP)

Y aurait-il urgence aux urgences ? Alors que le plan "hôpital en tension" a dû être activé dans 97 hôpitaux sur 650, vendredi 16 mars, plusieurs voix, dont celle du directeur de l'AP-HP, Martin Hirsch, se sont élevées pour appeler à une réorganisation des hôpitaux et du système de santé français.

Une situation qui perdure

Selon François Braun, lundi 19 mars sur franceinfo, "on a jamais eu une période aussi longue" de tensions aux urgences. Le président du syndicat d'urgentistes Samu-Urgences de France a expliqué que "le seuil épidémique n'est donc pas la seule explication de cette surcharge de l'hôpital dans son ensemble, et des urgences en particulier, qui représentent la partie émergée de l'iceberg".

Le constat est identique pour Claude Rambaud, co-présidente de l'association Le Lien, lundi sur franceinfo : "Depuis cinq ans, nous voyons passer des dossiers graves, avec des patients qui ont fait des complications gravissimes, du fait de l'attente et de mauvaises décisions." La dirigeante de cette association d'usagers de la santé a ainsi évoqué "le cas d'une patiente qui a été oubliée 48 heures. Au bout de 48 heures, on l'a retrouvée dans le coma et avec un niveau d'invalidité extrêmement grave".

Les gens attendent de plus en plus sur les brancards, parce qu'on ne trouve pas de lit dans les servicesClaude Rambaud
co-présidente du Lien
à franceinfo

La saturation actuelle de nombreux services d'urgences en France en cette fin d'hiver n'est "pas une question d'organisation, mais une question de moyens", a estimé, lundi sur franceinfo, Thierry Amouroux. Selon le secrétaire général du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), "si on est dans cette situation, c'est parce qu'on a fermé 100 000 lits en dix ans", explique Thierry Amouroux, qui prédit une situation encore plus difficile l'an prochain.

François Braun est sur la même longueur d'onde : " par des gens qu'on ne peut pas mettre dans un lit d'hospitalisation. C'est ça, le problème actuel." Le président du syndicat d'urgentistes a appelé à une nouvelle organisation des hôpitaux, seule solution selon lui pour prendre en charge un nombre de patients qui a bondi, passant "de 10 millions de passage aux urgences [par an, en France], il y a 10 ans", à "20 millions maintenant".