Eure : la ministre de la Santé Agnès Buzyn confirme la fermeture de la maternité de Bernay

La ministre de la Santé a également confirmé que la maternité serait transformée en centre de périnatalité, qui pourra prendre en charge des femmes pendant leur grossesse et après leur accouchement.

Agnès Buzyn le 11 février 2019.
Agnès Buzyn le 11 février 2019. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

La ministre de la Santé Agnès Buzyn a confirmé lundi 18 février sur France Bleu Normandie la fermeture de la maternité de Bernay, dans l'Eure, où elle se rend lundi matin.

"Ce n'est pas un problème d'argent, le problème c'est que nous ne trouvons pas d'obstétriciens, a-t-elle expliqué sur France Bleu Normandie. Quand bien même je mettrais trois ou quatre postes ouverts en plus, il n'y aurait personne pour les prendre. C'est un hôpital qui aujourd'hui n'est pas attractif. Pourquoi ? Parce qu'il y a tellemment peu d'accouchements qu'en réalité, même les sages-femmes ne font qu'un à deux accouchements par semaine. Et ça n'intéresse pas les professionnels que de faire très peu d'accouchements parce qu'ils ne font pas leur métier."

La ministre de la Santé a également confirmé que la maternité de Bernay serait transformée en centre de périnatalité pour la prise en charge des femmes pendant leur grossesse et après leur accouchement.

Une centaine de personnes devant la maternité

Une centaine de personnes sont rassemblées devant l'hôpital, où  Agnès Buzyn était atendue dans la matinée. Des associations dont la Ligue des droits de l'homme, des syndicats et des "gilets jaunes" sont rassemblés devant les portes, à côté notamment un mannequin avec un bébé rattaché par un cordon et une pancarte "il aurait pu s'appeler Emmanuel". Selon France Bleu Normandie, deux bébés sont nés dimanche dans cette maternité.

Initialement prévue le 11 février, la fermeture de la maternité de Bernay avait été reportée à une date ultérieure. Plusieurs recours ont été déposés devant le tribunal administratif de Caen pour en obtenir l'annulation. En mars 2018, l'Agence régionale de santé (ARS) de Normandie l'avait annoncée en la justifiant par "un déficit financier de l'établissement ", "la baisse de la natalité" ou encore "des tensions sur la démographie médicale". Interrogé sur ce dossier lors du lancement du grand débat national à Grand Bourgtheroulde (Eure), Emmanuel Macron avait défendu, au nom de la santé publique, sa fermeture.