Des médecins intérimaires visés par des plaintes du ministère de la Santé

Des responsables syndicaux avaient diffusé une "liste noire" des hôpitaux appliquant un décret plafonnant les salaires des intérimaires.

Le ministère demande une suspension d\'exercice de trois mois à l’encontre de la présidente du Syndicat
Le ministère demande une suspension d'exercice de trois mois à l’encontre de la présidente du Syndicat

Le ministère de la Santé porte plainte contre trois médecins accusés de vouloir "mettre en échec l'application de la loi, quitte pour cela à mettre en danger le fonctionnement de certains établissements". Les praticiens en question, intérimaires, sont des responsables du Syndicat national des médecins remplaçants en hôpitaux (SNMRH). Celui-ci a récemment diffusé une "liste noire" des établissements qui appliquent un décret prévoyant le plafonnement des salaires des médecins intérimaires. Il a également appelé à boycotter ces hôpitaux. Aussi le ministère les accuse-t-il de "prendre les patients en otage de leurs revendications".

Agnès Buzyn dénonce un "chantage"

Le décret auquel s’oppose le SNMRH limite la rémunération des médecins intérimaires dans les hôpitaux publics à 1.404,05 euros brut pour 24 heures de travail effectif depuis le 1er janvier. Ce plafond doit être abaissé à 1.287,05 euros en 2019, puis à 1.170.04 euros en 2020. Le syndicat a appelé les intérimaires à "éviter", puis à "refuser" les remplacements dans ces hôpitaux. Il a par la suite encouragé "l'arrêt de toute mission" pendant les vacances de la Toussaint et de Noël.

Le ministère demande une suspension d'exercice de trois mois à l’encontre de Linda Darasse, la présidente du Syndicat. Le secrétaire du SNMRH, Abdelaziz Hanaf, et sa secrétaire adjointe, Christine Dautheribes, feraient l'objet de plaintes similaires. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a pour sa part dénoncé "l'attitude irresponsable" et le "chantage" de ces praticiens, qu'elle a qualifiés de "mercenaires". L'Ordre des médecins, de son côté, évoque des "comportements peu soucieux du devoir d'humanité envers les patients" qui "déconsidèrent la profession".