Halal et casher : le CFCM "a tourné la page" de la polémique

Après avoir reçu les représentants de la communauté juive de France, le Premier ministre s'est entretenu avec les représentants de la communauté musulmane au sujet de la polémique sur l'abattage rituel.

Le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, à Matignon, le 26 avril 2010. 
Le président du Conseil français du culte musulman, Mohammed Moussaoui, à Matignon, le 26 avril 2010.  (THOMAS COEX / AFP)

Les autorités musulmanes françaises veulent clore une bonne fois pour toutes la polémique sur l'abattage rituel. Reçu jeudi 8 mars par le Premier ministre, François Fillon, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, a déclaré avoir "tourné la page". L'objectif de cette réunion : calmer les esprits et s'entretenir, loin du brouhaha médiatique, autour de la question du halal et du casher, après les déclarations de François Fillon lundi, dans lesquelles il avait critiqué ces pratiques religieuses, assimilées à des "traditions ancestrales (...) qui ne correspondent plus à grand-chose."

Les musulmans ne sont pas des "boucs émissaires"

"Plus on se retire de cette polémique, mieux c'est", a déclaré Mohammed Moussaoui à l'issue de son entretien avec le Premier ministre, auquel a également participé le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur. "Aujourd'hui nous avons tourné la page et nous avons demandé à tous les hommes politiques de se concentrer et de proposer des solutions pour le bien-être de nos concitoyens", a-t-il ajouté.

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Il a également annoncé a mise en place prochaine d'une "commission théologique" chargée "d'observer si la pensée religieuse de l'islam" permet "un certain nombre d'avancées" notamment sur "la souffrance de l'animal".

Dès mardi, Mohammed Moussaoui avait réagi à la polémique sur la viande halal, annonçant qu'il "ne comprend pas et n'accepte pas que l'islam et les musulmans servent de boucs émissaires dans cette campagne". 

"L'incident est clos" pour les autorités juives de France

Reçu à Matignon la veille, le président du Consistoire central, Joël Mergui, ainsi que le grand rabbin de France, Gilles Bernheim, avaient pour leur part indiqué que "l'incident" était "clos."  

Dans une interview à la Chaîne Parlementaire qui sera diffusée dimanche,Gilles Bernheim s'était dit très "gêné" par les déclarations du Premier ministre, en décalage "par rapport à l'esprit de la laïcité." "Je ne pense pas que quelque homme politique que ce soit puisse évaluer ce que doit être une loi révélée donc une loi religieuse monothéiste", a-t-il assuré, avant de conclure : "on ne peut pas parler d'une religion comme d'un archaïsme".

De son côté, le président candidat Nicolas Sarkozy a renouvelé, mardi soir dans l'émission "Des paroles et des actes", sur France 2, son souhait de voir les viandes systématiquement étiquetées en fonction de la méthode d'abattage des bêtes, rituelle ou non.

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