Indre : des habitants occupent la maternité du Blanc, condamnée à fermer

La maternité du Blanc, jugée dangereuse par le ministère de la Santé et vouée à la fermeture, est occupée par des habitants depuis trois jours.

Indre : des habitants occupent la maternité du Blanc, condamnée à fermer
Indre : des habitants occupent la maternité du Blanc, condamnée à fermer

Une trentaine de personnes occupent depuis vendredi la maternité du Blanc (Indre) que la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait qualifiée de "dangereuse" et qui doit fermer définitivement dans les prochains jours, a appris l’AFP dimanche 21 octobre auprès du collectif de défense de la maternité.

Ambiance "bon enfant"

Des habitants du Blanc, réunis autour d'un collectif "C'est pas demain la veille", ont coupé, en présence d'élus, le cadenas qui fermait l'accès à la salle d'accouchement, rapporte l'AFP. Depuis vendredi soir, ils disent occuper dans une "ambiance bon enfant" les couloirs de la maternité et des chambres. "Il y a des familles, des enfants. Une des chambres a été transformée en salle de jeux pour les enfants", a rapporté Laure Courgeau, membre du collectif d'habitants qui se relaient pour occuper les lieux.

L’occupation de la maternité se fait en présence des gendarmes et le collectif craint une évacuation ce lundi 22 octobre.

Contactée par l'AFP, la gendarmerie n'était pas en mesure d'apporter de précisions dans l'immédiat.

"Très mauvaises pratiques"

Mardi, Agnès Buzyn avait estimé que cette maternité était "dangereuse", invoquant les "très mauvaises pratiques" mises au jour dans un "audit", au-delà d'un manque d'obstétriciens qui avait justifié sa fermeture provisoire.

Dernière instance à se prononcer, le conseil de surveillance de l'hôpital de Châteauroux, dont dépend la maternité, a voté vendredi en milieu de journée la fermeture de la maternité.

Les accouchements au Blanc, commune de 6.500 habitants, avaient été suspendus en juin et jusqu'à fin octobre pour cause du "manque de personnel". Les femmes sont depuis dirigées vers Châteauroux, Poitiers et Châtellerault, à plus d’une heure de route.

Rencontrer la ministre de la Santé

A la suite d'une réunion publique organisée samedi par le maire PS Annick Gombert, le collectif a organisé "une visite" pour informer et sensibiliser les habitants."Une trentaine de personnes sont présentes la journée et une dizaine la nuit pour occuper la maternité", a indiqué Mme Courgeau.

Le collectif relaie la demande des élus locaux et des habitants de rencontrer la ministre de la Santé.

Début octobre, un rapport d'expertise commandé par l'Agence régionale de santé avait préconisé l'ouverture d'un centre de périnatalité, sans accouchements. Trois gynécologues-obstétriciens avaient cependant présenté un projet de relance des accouchements.