Etats-Unis : une clinique de fertilité poursuivie après un échange d'embryons

Un couple new-yorkais attaque en justice une clinique après que la femme a accouché de deux bébés qui n'étaient pas issus de ses gamètes ni de ceux de son mari.

Une fécondation in vitro pratiquée dans un centre médical de Magdebourg (Allemagne), le 17 janvier 2018.
Une fécondation in vitro pratiquée dans un centre médical de Magdebourg (Allemagne), le 17 janvier 2018. (KLAUS-DIETMAR GABBERT / DPA-ZENTRALBILD / AFP)

Les parents avaient donc raison d'avoir des doutes. Un couple new-yorkais a décidé d'attaquer en justice une clinique de fertilité, après que la femme a accouché de deux bébés n'ayant aucun lien de parenté avec eux, ni même entre eux. Selon la plainte de 28 pages enregistrée début juillet au tribunal fédéral de Brooklyn, le couple (identifié uniquement par les initiales A.P. et Y.Z.) a entamé en janvier 2018 un traitement par fécondation in vitro (FIV) auprès de la clinique CHA, à Los Angeles. Ils étaient mariés depuis six ans, sans parvenir à concevoir un enfant.

Les médecins ont réussi à créer huit embryons avec le sperme et les ovules du couple. Une première implantation d'embryon en juillet 2018 échoue. Le couple fait une seconde tentative avec deux embryons en août et, cette fois, se réjouit : la femme est enceinte de jumeaux.

Mais les doutes apparaissent dès les premières échographies, qui montrent que les bébés sont deux garçons. Or il n'y avait qu'un seul embryon masculin sur les huit créés et il n'avait pas été implanté. Les médecins de la clinique assurent alors que les examens à ce stade de grossesse ne sont pas fiables.

Fin mars 2019, A.P. accouche par césarienne. Plus de discussion possible : les bébés sont des garçons, qui ne présentent par ailleurs aucun trait asiatique, contrairement au couple. Des analyses génétiques confirment qu'ils n'ont aucun lien de parenté avec A.P. et Y.Z., ni même aucun lien de parenté entre eux. 

"Des souffrances émotionnelles dont ils ne se remettront pas"

Il a été établi que les bébés étaient issus d'embryons de deux autres couples clients de la clinique. Ces derniers ont chacun récupéré "leur" bébé, tandis qu'A.P et Y.Z. ignorent ce qu'il est advenu de leurs embryons. "Ils n'ont pas correctement identifié, étiqueté, manipulé et conservé les embryons des plaignants", affirme la plainte qui vise la clinique et deux de ses médecins au titre de multiples torts, dont faute professionnelle, négligence, rupture de contrat et publicité mensongère.

Les plaignant affirment avoir enduré "des souffrances émotionnelles dont ils ne se remettront pas". Ils réclament le remboursement des frais engagés pour le traitement ("plus de 100 000 dollars"), de leurs futurs frais médicaux, des salaires perdus en raison de ce drame et des dommages et intérêts punitifs d'un montant non précisé.

Contactée par l'AFP, la clinique n'a fait aucun commentaire. Elle affirme sur son site fournir "le plus haut degré de soins personnalisés" et avoir depuis 2001 rendu heureux "des dizaines de milliers d'aspirants parents" aux Etats-Unis et à l'étranger.