Don d'ovocytes : le parcours d'une donneuse sans enfant

En France, en 2014, 500 femmes ont donné leurs ovocytes. Pour répondre aux demandes de tous les couples en attente, il en faudrait au moins 900. Pour encourager ce don, la loi autorise désormais les femmes qui n'ont pas encore eu d'enfants à devenir donneuses.

Julie* donne son sang régulièrement. Elle est aussi inscrite sur le registre des donneurs de moelle osseuse. Quand elle a su que le don d'ovocytes allait s'ouvrir aux femmes sans enfant, elle s'est tout de suite portée volontaire pour ce don, différent des autres. "Les ovocytes qui seront prélevés suite à la stimulation vont je l'espère pouvoir aboutir à la naissance d'un enfant pour un couple qui pourra connaître ce bonheur donc c'est un geste qui est moins anodin qu'un don du sang mais qui est dans le même esprit, altruiste", confie Julie.

Le don d'ovocytes implique plusieurs rendez-vous médicaux et une stimulation hormonale de dix à douze jours pour aboutir à la maturation de plusieurs ovocytes. Elle est généralement réalisée par la donneuse elle-même sous forme d'injections sous-cutanées. Au cours de la stimulation, la donneuse doit réaliser trois à quatre prises de sang et échographies ovariennes pour évaluer la réponse hormonale. Mais selon Julie, les contraintes sont mineures : "On ressent un peu des effets secondaires : une fatigue, petits maux de tête et ballonnements, mais à côté du résultat qui, je l’espère sera obtenu, pour moi ça n’est rien", affirme Julie.

 A l'issue de la stimulation, vient le moment du prélèvement. Il s’effectue au cours dune hospitalisation d'une journée. Une ponction ovocytaire qui se fait par voie vaginale sous contrôle échographique et sous anesthésie ou sous analgésie. Après le prélèvement, les ovocytes sont confiés au laboratoire pour une fécondation in vitro.

La loi de bioéthique, votée en juillet 2011, a ouvert la possibilité du don de gamètes (ovocytes et spermatozoïdes) aux personnes n'ayant pas procréé. Le décret d'application permettant la mise en place de cette pratique au sein des centres autorisés a été publié le 15 octobre 2015 au Journal officiel. L'arrêté au Journal officiel précisant les conditions dans lesquelles cette mesure est appliquée a été publié le 8 janvier 2016. Une réforme dont le principal intérêt est de permettre à des femmes plus jeunes de donner leurs ovocytes.

"Le paramètre principal du taux de succès, c’est l’âge de la femme, donc quand on a des femmes très jeunes, on a des taux de succès qui sont bien meilleurs, indépendamment du nombre d’ovocytes prélevés. Si on a des ovocytes de qualité, il en suffit d’un pour avoir au bout du compte un enfant", explique le Pr Clément Jimenez, médecin biologiste de la reproduction au CHU de Bordeaux (33).

Autre nouveauté de cette législation : les donneuses d'ovocytes qui n'ont pas d'enfant peuvent choisir d'en congeler une partie au cas où elles souffriraient dans le futur d'un problème d'infertilité.

*le prénom a été modifié