Grippe : une surmortalité record de 18.000 décès cet hiver en France

Particulièrement virulente, la grippe hivernale 2014/2015 a entraîné un excès de mortalité jamais observé depuis près de dix ans en France, soit 18.300 décès, selon un bilan définitif de l'Institut de veille sanitaire (InVS) publié ce vendredi. Au total, près de trois millions de personnes ont consulté leur médecin pour un syndrome grippal cet hiver.

(Cet hiver, la grippe a été particulièrement virulente © PHOTOPQR/NICE MATIN)

Sans être exceptionnelle, la grippe hivernale a été extrêmement meurtrière cette année. Dans un rapport définitif sur l'excès de mortalité enregistrée durant les semaines d'épidémie, l'Institut de veille sanitaire (InVS) chiffre à 18.300 décès la surmortalité attribuable au virus. Un record depuis la mise en place de l'outil d'évaluation dans plusieurs pays européens.

Particulièrement fragiles face à ce virus, les personnes âgées figurent parmi les principales victimes de cet épisode grippal. Les plus de 65 ans représentent même 90% de la surmortalité observée, et enregistrée durant les neuf semaines de l'épidémie, du 12 janvier au 15 mars.

30.000 passages aux urgences

"La grippe, c'est une maladie grave chez les personnes âgées ", souligne ainsi le Dr. François Bourdillon, directeur général de l'InVS. Et l'épidémie 2014/2015, très violente et résistante en partie au vaccin (virus A/H3N2), a eu un "impact important" : les urgences ont enregistré près de 30.000 patients et 3.133 hospitalisations, dont la moitié étaient des seniors de plus de 65 ans. "Ce n'est pas la plus forte des épidémies de grippe par rapport aux 30 dernières années" , nuance toutefois François Bourdillon. Mais avec des virus de la "famille" H3N2, il apparaît clairement que les épidémies sont plus graves que la moyenne, notamment chez les personnes âgés déjà fragillisées par d'autres maladies.

La moitié seulement des plus de 65 ans se font vacciner

Pourtant la confederation des syndicats medicaux s'inquiète de constater que chez les plus de 65 ans, à peine la moitié se font vacciner contre la grippe. Il existerait en France un courant "anti vaccin", selon le Docteur Jean-Paul Ortiz, de la confederation des syndicats medicaux.

"Il y a aujourd'hui un désamour des français vis-à-vis de la vaccination" le Docteur Jean-Paul Ortiz de la confederation des syndicats medicaux
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"Pas les mêmes virus qu'au printemps dernier"

Quant à la résistance des virus H3N2 observés cet hiver, le docteur Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à l'InVS explique qu'elle est due à des "mutations " entre le printemps 2014 et l'hiver qui a suivi.  "Lorsqu'on décide de fabriquer un vaccin en fonction des souches qui circulent au printemps, on fait un pari" .

"C'est l'excès de mortalité le plus élevé depuis 2006" Jean Lévy-Bruhl, épidémiologiste à l'InVS
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La France ne fait pas figure d'exception : la surmortalité atteint 90.000 décès dans 13 des 15 pays soumis au même système d'évaluation, mis en place depuis l'hiver 2006/2007.