"Résister" à la surconsommation "peut être une forme de libération", estime l'association Zero Waste

Flore Berlingen, la directrice de l'association, réagit sur franceinfo après la publication d'un rapport de l'Ademe, qui indique que chaque foyer possède en moyenne 99 équipements électriques ou électroniques.

Des téléviseurs dans un magasin spécialisé (image d\'illustration).
Des téléviseurs dans un magasin spécialisé (image d'illustration). (LIONEL VADAM / MAXPPP)

"C'est parfois difficile de résister à l'injonction au suréquipement ou au renouvellement accéléré des objets", a souligné mercredi 26 septembre sur franceinfo Flore Berlingen, la directrice de l’association Zero Waste, après la parution de l'étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) qui appelle à consommer moins et mieux.

Selon Zero Waste, "il est possible de résister" à cette surconsommation. "Cela peut être une forme de libération", affirme Flore Berlingen qui précise que "tout ne dépend pas du consommateur". Les choix "d'écoconception appartiennent au fabricant et peuvent être encouragés par des politiques publiques qui les rendraient plus contraignants".

franceinfo : À quoi faut-il résister pour éviter la surconsommation ?

Flore Berlingen : C'est parfois difficile de résister à l'injonction au suréquipement ou au renouvellement accéléré des objets. La conclusion de l'étude de l'Ademe montre bien que c'est là-dessus qu'il faut agir. Les citoyens peuvent agir, modifier certains choix. Mais leur action va avoir une limite qui est celle de la durabilité et de la durée de vie des objets. C'est une autre problématique. Et il y a l'obsolescence programmée qui peut être technique, mais qui peut se jouer via à la publicité qui nous incite au renouvellement accéléré. Si on prend l'exemple du smartphone, il est prouvé qu'on le renouvelle bien avant qu'il ne tombe réellement en panne.

Comment changer ces comportements ?

Il y a dans un premier temps une prise de conscience. Cette étude apporte des chiffres inédits qui permettent de se rendre compte du poids, du bilan matière des objets. C'est beaucoup plus concret, alors que le poids carbone, c'est un petit plus compliqué. Avec ces chiffres, on va avoir un moyen de mobiliser qui va être plus puissant. Ce sont les ménages à faible pouvoir d'achat qui sont le plus pénalisés. Ils sont amenés à renouveler les achats à cause de la faible qualité des objets. Mais il est possible d'y résister. Cela peut être une forme de libération. On a 12 000 participants à un défi que nous avons lancé au début de l'année, le défi "Rien de neuf". Ce sont des personnes qui ont choisi de limiter au maximum leurs achats de produits neufs. Leurs témoignages, c'est que c'est une petite libération par rapport à cette injonction aux achats.

Il y a de l'éducation du consommateur à faire ?

Les personnes en viennent à découvrir l'ensemble des alternatives aux produits neufs, les achats d'occasion, la réparation, la mutualisation, le prêt… On a, en fait, énormément de possibilités pour éviter l'achat d'un objet neuf. En utilisant un objet qui est déjà en circulation, on réduit son impact environnemental. Ce sont des découvertes de nouvelles pratiques. La conclusion est que c'est à la fois très accessible comme challenge et c'est quelque chose qui change tout, puisqu'on remet en question chaque acte d'achat. Tout ne dépend quand même pas du consommateur final. Il a une partie des choix en main. Mais une autre partie des choix, d'écoconception, appartient au fabricant. Ces choix peuvent être encouragés par des politiques publiques qui les rendraient plus contraignants.