Marches pour le climat : "Des citoyens qui se mobilisent, l'année commence bien"

L'eurodéputée du groupe des Verts / Alliance libre européenne, Karima Delli, se réjouit des marches pour le climat organisées dans 90 villes de France, dimanche 27 janvier.

L\'eurodéputée Karima Delli.
L'eurodéputée Karima Delli. (THOMAS SAMSON / AFP)

Les marches pour le climat qui se déroulent dimanche 27 janvier dans plusieurs villes de France sont "plus qu'une chance, c'est une opportunité", a réagi samedi 26 janvier, sur franceinfo, l'eurodéputée Karima Delli, du groupe des Verts / Alliance libre européenne. "Les citoyens sont prêts" assure Karima Delli, pour qui "l'année 2019 commence bien".

franceinfo : Avec ces marches pour le climat, est-ce une chance pour l'écologie que les citoyens reprennent la main ?

Karima Delli : C'est plus qu'une chance, c'est une opportunité. Merci à cette vraie prise de conscience du problème climatique ! Il est grand temps que les citoyens fassent entendre leur voix pour clamer haut et fort que la lutte contre le dérèglement climatique doit être au cœur de l'ensemble des prises de décision. Les citoyens réalisent qu'il est "climat moins le quart". On voit partout dans le monde des incendies, en Grèce, en Espagne. On a eu des records de chaleur insoutenable en France l'an dernier. Il y a cette onde de choc du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) en octobre 2018 qui dit, "il faut changer de trajectoire". Face au film catastrophe qui se déroule devant nos yeux, les citoyens disent, "non, on prend notre destin en main". Le mot d'ordre est très simple : mobilisation générale.

Tout le monde est d'accord pour protéger la planète. Mais lorsqu'il s'agit de mettre la main au porte-monnaie, il n'y a plus personne ?

Les citoyens demandent des mesures concrètes en matière de climat aux différents gouvernements, parce qu'ils sont préoccupés de leur avenir, mais surtout de l'avenir de leurs enfants. Ils regardent le monde qui les entoure. Les Français, comme les citoyens européens, ils aiment l'écologie. Ils font attention à la condition animale, à l'énergie, ils s'émeuvent de ce nouveau mot qu'on appelle l'obsolescence programmée. Ils sont prêts.

La société est prête, mais il est difficile de passer ce tournant politique. Pourquoi ? La force des lobbys, l'impuissance des politiques, le coût de la transition écologique ?

Ce n'est pas le coût. Lorsqu'on investit dans la transition écologique, c'est gagnant-gagnant. La véritable question c'est que, pendant des années, les gouvernements se sont servis de l'écologie comme d'un gadget. C'était se donner bonne conscience. Sauf qu'on est au pied du mur. Même ce gouvernement subi le poids des lobbys et notamment de l'industrie. Et on ne sait pas faire face à ceux-là. Quand on voit l'état de la France qui se dit championne de la planète, on n'est pas à la hauteur. On n'est pas à la hauteur des émissions de gaz à effet de serre. On n'est pas à la hauteur lorsque la France soutient des forages pétroliers en Guyane. On n'est pas à la hauteur lorsque l'on soutient l'huile de palme au nom des intérêts des citoyens. C'est pourquoi il est grand temps que tout le monde se mobilise. Il est temps de montrer que vous, citoyens, vous êtes plus écolos que juste socialistes, que libéraux, plus écolos que les populistes. C'est une opportunité. Il n'y a pas de planète B. On est obligé d'agir. L'année 2019 commence bien. Des citoyens qui se mobilisent ! Allons-y ! Refaisons un monde meilleur.