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L’exploitation illégale de bois précieux menace la forêt amazonienne

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Dans la forêt amazonienne, Greenpeace Brésil s’inquiéte de l’exploitation illégale d’ipé, un bois précieux, par des entreprises peu scrupuleuses.
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Dans la forêt amazonienne, Greenpeace Brésil s’inquiéte de l’exploitation illégale d’ipé, un bois précieux, par des entreprises peu scrupuleuses.

La forêt amazonienne est menacée par l'exploitation illégale de bois précieux, notamment l’ipé, très recherché. Exporté pour faire des meubles, des charpentes ou des terrasses, il peut se vendre jusqu'à 2500 dollars le mètre cube.

Au Brésil, afin d’exploiter les stocks d’ipé de leurs parcelles, les entreprises doivent les déclarer. Les autorités autorisent chaque entreprise à exploiter un certain volume d'ipé, selon ce qu'elle a à disposition.

Inventaires frauduleux et "arbres imaginaires"

Mais certaines entreprises tirent profit de l'existence d'un système de crédits pour autoriser l'abattage d'arbres, en établissant des inventaires frauduleux. Elles surévaluent  leur stock, pour ensuite aller chercher le surplus dans des zones illégales.

En effet, selon Rômulo Batista, membre de Greenpeace Brésil, les entreprises utilisent des plans de gestion forestière contenant de "fausses déclarations d’arbres précieux qui seront ensuite utilisées comme crédits pour extraire ces arbres dans un autre endroit". Les arbres ainsi faussement déclarés sont appelés "arbres imaginaires" par les défenseurs de l’environnement.

Selon Greenpeace Brésil, sur 586 exploitations forestières examinées dans l'État du Pará, le volume d'ipé était surestimé dans 77% des cas. Les États-Unis et la France en sont les plus gros importateurs. Il est très difficile de savoir si l'ipé importé provient d'activités légales, selon Greenpeace.

Une menace pour l’environnement

À l’IBAMA, l’Institut brésilien de l'environnement et des ressources renouvelables, Geraldo França explique : "Certains plans de gestion forestière sont utilisés pour 'blanchir' du bois provenant d'extractions illégales sur des territoires indigènes ou des zones protégées."

Edson Vidal Da Silva, docteur en gestion des forêts tropicales à l’université de São Paulo, s’inquiète des risques liés à l’exploitation massive de l’ipé : "Cela peut entraîner une dégradation de la forêt, voire mener à une future extinction, car honnêtement, la société n'est même pas au courant de ce qui est en train de se passer." Contre cette déforestation sauvage, Greenpeace réclame plus de contrôles et de sanctions.

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