Les vieux pneus installés dans les champs, nocifs pour les vaches, vont être collectés et recyclés

Les pneus d'ensilage restent la technique la plus répandue chez les éleveurs bovins pour lester les bâches protégeant le fourrage. Mais les vaches les ingèrent et  développent des maladies. 

Un troupeau de vaches, dans un champs à Tilly-sur-Seulles (Calvados), le 8 juin 2019. 
Un troupeau de vaches, dans un champs à Tilly-sur-Seulles (Calvados), le 8 juin 2019.  (ARTUR WIDAK / NURPHOTO / AFP)

En avalant des clous, des fils de fer barbelé, du plastique ou des morceaux de pneus dégradés par le soleil et les intempéries, les vaches développent ce que l'on appelle la "maladie de la quincaillerie". Pour lutter contre ce mal, qui génère tumeurs et infections chez les bovins, les entreprises de la filière pneus usagés – manufacturiers, constructeurs automobiles et distributeurs de pneus – ont signé une charte selon laquelle ils s'engagent à collecter et valoriser jusqu'à 15 000 tonnes de pneus par an. Cela représente l'équivalent de 2,3 millions de pneus d'ensilage, a indiqué le ministère de la Transition écologique lundi 15 juillet, confirmant une information du Parisien.

Les entreprises de la filière se sont engagées à financer 50% des opérations et mettront à disposition leurs ressources opérationnelles.

Ces pneus d'ensilage restent la technique la plus répandue chez les éleveurs bovins pour lester les bâches protégeant le fourrage, même si, depuis 2015, la réglementation ne considère plus cette pratique comme une solution de valorisation des pneus usagés.

Entre 20 et 30 ans de travail de collecte 

Cette opération, baptisée "Ensivalor" et opérant sur un mode associatif, sera réservée en priorité aux exploitants cessant leur activité (pour éviter les stocks orphelins) puis à ceux optant pour une autre technique. "Collecter et valoriser les pneus d'ensilage s'avère un chantier colossal, au plan financiermais plus encore au plan technique, car il est difficile de trouver, en bout de chaîne, des voies de valorisation", souligne le ministère.

L'objectif de 15 000 tonnes de pneus collectés par an reste loin du compte. En effet, en 2006, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) estimait qu'il y avait 800 000 tonnes de pneus à traiter. Cela coûterait entre 120 et 160 millions d'euros. 

"C'est un bon début", estime Jacky Bonnemains, porte-parole de l'association environnementale Robin des Bois, qui s'est associée à cette charte. Mais "l'opération durera 20 à 30 ans", ajoute-t-il, appelant les chambres d'agriculture et les collectivités locales à en financer une partie pour accélérer le mouvement. Il souligne que ces tas de pneus sont aussi une source de prolifération des moustiques tigres, qui s'y installent, et de pollution en cas d'incendies.