Ile-de-France : la préfecture dément tout risque à boire l'eau du robinet

Les autorités qualifient de "fausse information" une rumeur selon laquelle l'eau potable serait contaminée par des composants radioactifs.

Un homme remplit une bouteille d\'eau, le 25 juin 2019 à Paris.
Un homme remplit une bouteille d'eau, le 25 juin 2019 à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

La rumeur se fait insistante sur les réseaux sociaux, mais les autorités assurent qu'il n'y a rien d'anormal. La préfecture d'île-de-France dément catégoriquement, samedi 20 juillet, tout "risque pour la santé publique" à consommer l'eau potable de la capitale, à la suite de rumeurs faisant état d'une alerte à la pollution au tritium

"Aucun arrêté préfectoral n'a été pris par le préfet de Paris. Les valeurs observées à ce jour ne montrent pas de risque pour la santé publique. L'eau du robinet peut donc être consommée sans restriction", indique la préfecture sur son compte officiel.

Un message anonyme envoyé sur Whatsapp

La rumeur, abondamment relayée sur les réseaux sociaux, est notamment partie d'un message audio envoyé sur Whatsapp par une femme affirmant être infirmière dans un hôpital parisien. Elle évoque la présence de "titanium" dans l'eau et la parution d'un arrêté préfectoral demandant aux hôpitaux de ne pas utiliser l'eau du robinet. "Nous n'avons évidemment reçu aucun arrêté d'aucune sorte relatif à une contamination de l'eau", a affirmé samedi à l'AFP l'Assistance publique des hôpitaux de Paris (AP-HP), qui indique avoir "reçu beaucoup d'appels inquiets notamment dans les SAMU hier soir".

Quant à l'auteure du message original, "nous ne savons pas et nous ne pouvons pas connaître l'identité de cette personne qui a propagé cette rumeur en se disant infirmière de l'AP-HP", indique l'AP-HP. "Compte tenu du fait que nous sommes mis en cause, nous nous réservons le droit de porter plainte et de donner une suite judiciaire", poursuit l'organisme.

"Pour nous ce n'est que fausse information", ajoute la préfecture, ajoutant que l'Agence régionale de santé a confirmé qu'il n'y avait "aucun problème dans les valeurs constatées". Eau de Paris, l'opérateur public en charge de la production et de la distribution de l'eau dans Paris, a également assuré sur Twitter que "boire l'eau de Paris ne présente pas de risque pour la santé".

"Des doses infinitésimales dans l'eau"

"Le tritium est présent à des doses infinitésimales dans l'eau, sans le moindre risque à court, moyen et long terme", est-il souligné. Sur son site internet, cet organisme précisait vendredi que "la mesure du tritium dans l'eau destinée à la consommation humaine sert d'indicateur susceptible de révéler la présence de radionucléides artificiels et donc une contamination d'origine humaine".

Eau de Paris rappelle également que la référence de qualité de l'activité en tritium fixée en France est de 100 Bq/l (Becquerel par litre), soit 100 fois moins que la valeur de référence de 10 000 Bq/l préconisée par l'OMS. Selon les mesures effectuées entre 2016 et 2019, "aucun dépassement n'a été observé", précise encore l'organisme. "Le seuil moyen relevé à Paris depuis 2016 varie entre 0 et 1,22 Bq/L".

L'Agence régionale de santé (ARS) réalise chaque mois des analyses de la qualité radiologique de l'eau, dont les résultats sont publics et accessibles sur le site internet du ministère de la santé : eaupotable.sante.gouv.fr. Mercredi, une association de l'Ouest de la France avait dénoncé une "contamination" radioactive de l'eau potable, mais reconnu dans le même communiqué qu'"aucune valeur ne dépasse le critère de qualité de 100 Bq/L instauré par les autorités sanitaires".