Et si on dépolluait les eaux... avec nos cheveux ?

Frisés, Lisses, courts ou longs, on les porte toute notre vie sur notre tête. Mais que deviennent nos cheveux une fois coupés chez le coiffeur ? Dans le sud de la France, un coiffeur a décidé de s’en servir pour absorber les huiles qui polluent les eaux.

Le cheveu est lipophile et hydrophile, il absorbe le gras et l’eau. Il est aussi imputrescible, ça veut dire qu’il ne pourrit pas, les momies les ont toujours. On ne peut pas l’écraser non plus, il faudrait pour cela une presse de 54 000 tonnes. Enfin, c’est un isolant, c’est pour cela que nous en avons sur la tête. "Toutes ces qualités font qu’on a vraiment une matière. C’est aberrant de la jeter ! " explique Thierry, coiffeur depuis 25 ans.

Pourtant, si certains cheveux longs servent à confectionner des perruques, les plus courts finissent à la poubelle. En France, on estime que 3 à 4000 tonnes de cheveux sont jetés chaque mois. Chez Thierry, pas un seul cheveu ne termine à la poubelle. Le coiffeur les recycle avec un objectif pour le moins surprenant : dépolluer les eaux en les utilisant comme bio absorbants d’hydrocarbures.

6 kilos de cheveux pour créer un boudin

Pour cela, il lui en faut énormément. Chaque semaine, les coiffeurs de son association lui en envoient entre 100 et 150 kilos. Un vieux bas nylon et 6 kilos de cheveux suffisent à créer le boudin bio-absorbant. Et son idée fonctionne : il suffit de laisser le boudin flotter à la surface de l’eau. En quelques secondes, toute l’huile a disparu.

Selon une étude australienne parue en 2017, les cheveux pourraient adsorber 3 à 9 fois leur poids en huile. Matter of Trust, une association américaine utilise les boudins de cheveux depuis 2007... avec succès. Des cheveux ont notamment été utilisés sur une marée noire en 2010 pour "éponger” le pétrole. Dans les ports, les rivières ou encore sur les plages, en plus des hydrocarbures, les cheveux absorberaient aussi les huiles solaires. Des négociations ont lieu actuellement avec le port de Toulon et de Marseille. Thierry espère y tester son dispositif dans les prochaines semaines.

Et si on dépolluait les eaux... avec nos cheveux ?
Et si on dépolluait les eaux... avec nos cheveux ?