Dunkerque : les pêcheurs inquiets d'une généralisation de la pêche électrique

La pêche électrique sera-t-elle élargie à plusieurs pays en Europe ? Les députés européens doivent trancher sur cette technique de pêche industrielle accusée d'épuiser la ressource. Les pêcheurs français n'en veulent pas.

France 3

Après une nuit en mer au large de Dunkerque (Nord), le bateau rentre au port. Pour tout équipage, trois hommes sont à bord de ce fileyeur de douze mètres spécialisé dans la sole. Sur les quais, c'est la déception pour Frédéric. "On n’a jamais vu ça, on a peut-être 20 kilos de soles", se plaint le pêcheur. La sole, c'est 80% du chiffre d'affaires des marins-pêcheurs de la Côte d'Opale. Mais depuis cinq ans, les tonnages sont en baisse constante. Pour preuve, le frigo à la criée est désespérément vide.

Des arêtes brisées et des effets sur la reproduction inconnus

Le travail d'une nuit, c'est à peine 60 kilos de soles pour quatre bateaux. Pour tous, c'est la pêche électrique pratiquée par les Néerlandais qui est responsable du manque de ressources. Autorisée par l'Europe depuis 2006, elle consiste à ce qu'un chalut qui envoie des décharges électriques au fond de l'eau. Les poissons saisis remontent dans les filets, c'est imparable. Certains poissons ont leurs arêtes dorsales parfois brisées et les effets sur la reproduction sont inconnus. Interdiction ou élargissement de la pêche électrique, la question revient devant le Parlement européen. Une angoisse pour les jeunes pêcheurs de Dunkerque.

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Un pêcheur de homards, à Paimpol (Côtes-d\'Armor), le 20 décembre 2016. 
Un pêcheur de homards, à Paimpol (Côtes-d'Armor), le 20 décembre 2016.  (DAMIEN MEYER / AFP)