Déchets plastiques : un taux de recyclage "médiocre" et des politiques de réduction "trop timides", selon un rapport de l'Opecst

D'après un rapport de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, plus de 80% des plastiques mis en circulation deviennent des déchets au bout d'une année.

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Radio France
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Des déchets plastiques sur une plage. Photo d'illustration. (FREDERIC CIROU / MAXPPP)

Près de 900 000 tonnes de déchets plastiques sont enfouies chaque année en France, selon l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst). Le plastique est le troisième matériau le plus fabriqué au monde après le ciment et l'acier : 359 millions de tonnes ont été produites en 2018 (438 en tenant compte des plastiques présents dans les textiles et les caoutchoucs synthétiques). Dans son rapport sur les pollutions plastiques, sous-titré "Une bombe à retardement ?", publié lundi 14 décembre, l'Opecst constate que "81% des plastiques mis en circulation deviennent des déchets au bout d'une année", et la France n'est pas bonne élève en la matière.

Un taux de recyclage "médiocre"

Un an de travail et 139 auditions plus tard, le rapport indique que le taux de recyclage est "médiocre". Pour notre pays, il s'élevait en 2018 à 24,2%, très loin de l'objectif fixé par le gouvernement qui est de 100% en 2025. Les raisons sont multiples pour expliquer un tel retard. "Le recyclage se heurte à différents freins, affirme Philippe Bolo, député MoDem du Maine-et-Loire et co-auteur du rapport. Vu l'effondrement du prix du pétrole, un plastique vierge est toujours plus avantageux à utiliser par un industriel qu'un plastique recyclé. Quand, de plus, le plastique recyclé est censé avoir des qualités moindres, vous imaginez bien qu'on va beaucoup moins l'utiliser."

Le rapport juge "trop timides" les politiques de réduction du plastique, comme l'interdiction des sacs de caisse en 2016, et les mesures à venir en 2022, notamment avec l'interdiction du conditionnement dans des emballages en plastique des fruits et légumes frais. Ces mesures seront "trop récentes pour produire des effets", estiment les rapporteurs qui invitent à reconsidérer nos modes de consommations. Ils font une série de recommandations : faciliter le retour de consignes en verre pour les boissons, promouvoir un traité mondial visant à réduire la pollution plastique ou encore interdire les lâchers de ballons.

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