Climat : "Le monde est sur un chemin catastrophique vers +2,7°C de réchauffement", met en garde le secrétaire général de l'ONU

À six semaines de la COP26, un rapport de l'ONU, publié vendredi, alerte sur un réchauffement climatique "catastrophique" auquel mènent les engagements déposés par les États signataires de l'Accord de Paris, très loin de l'objectif de 1,5 °C.

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Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, lors d'une conférence de presse, à Genève (Suisse), le 13 septembre 2021.  (FABRICE COFFRINI / AFP)

Les engagements déposés par les Etats signataires de l'Accord de Paris mènent le monde à un réchauffement "catastrophique" de +2,7°C, très loin de l'objectif de 1,5°C espéré pour limiter ses retombées destructrices, s'est alarmée l'ONU, vendredi 17 septembre, à six semaines de la COP26.

Le rapport évaluant les engagements nationaux de 191 pays, publié vendredi, "montre que le monde est sur un chemin catastrophique vers +2,7°C de réchauffement", a déclaré le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. L'Accord de Paris vise à limiter ce réchauffement bien en-deçà de +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, si possible +1,5°C.

Mais "l'échec à respecter cet objectif se mesurera à l'aune du nombre de morts et de moyens de subsistance détruits", a insisté Antonio Guterres, en appelant tous les gouvernements à proposer des engagements plus ambitieux. En vertu de l'Accord de Paris, chaque pays devait réviser d'ici fin 2020 sa "contribution déterminée au niveau national" (NDC).

Les émissions devraient augmenter de 16% en 2030 par rapport à 2010

Mais au 30 juillet, seuls 113 pays représentant moins de la moitié des émissions mondiales de gaz à effet de serre (49%) avaient effectivement déposé leurs engagements révisés.

Avec ces nouvelles promesses, les émissions de ce groupe de 113 pays, dont les Etats-Unis et l'UE, seraient réduites de 12% en 2030 par rapport à 2010. Une "lueur d'espoir" qui n'éclipse toutefois pas le côté "sombre" de ce tableau, a relevé la responsable climat de l'ONU, Patricia Espinosa.

"Dans l'ensemble, les chiffres des émissions de gaz à effet de serre vont dans la mauvaise direction", a-t-elle déploré. En prenant en compte l'ensemble des NDC - révisées ou non - des 191 pays, les émissions devraient augmenter de 16% en 2030 par rapport à 2010, alors qu'il faudrait les réduire de 40% d'ici 2030 pour rester sous 1,5°C ou de 25% pour 2°C. 

"Le temps presse", selon Joe Biden

Une augmentation "considérable" qui "pourrait entraîner une hausse de la température d'environ 2,7°C d'ici la fin du siècle" alors que chaque fraction de degré supplémentaire multiplie les conséquences dramatiques.

En août, le dernier rapport des scientifiques du Giec mettait déjà en garde contre le risque d'atteindre le seuil de 1,5°C autour de 2030, dix ans plus tôt qu'estimé, menaçant l'humanité de désastres sans précédent.

Dans ce contexte, "la COP26 doit être un succès", a insisté Patricia Espinosa. "Nous devons agir, nous tous, nous devons agir maintenant", a déclaré de son côté le président américain Joe Biden au début d'un sommet virtuel avec neuf dirigeants étrangers. "Pour ceux qui ne l'ont pas fait, le temps presse", a-t-il ajouté, appelant à la "plus grande" ambition.

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