Campagne contre les punaises de lit : "Il faut lever le tabou sur cette question", d'après une députée La France insoumise

400 000 sites seraient infestés aujourd'hui par les punaises de lit en France.

Un appartement d\'Ivry-sur-Seine infesté par les punaises de lit.
Un appartement d'Ivry-sur-Seine infesté par les punaises de lit. (CLEMENT CHAILLOU / MAXPPP)

Les punaises de lit prolifèrent dans de nombreux appartements en France. Le Droit au logement estime que 400 000 sites sont infestés aujourd'hui dans le pays, soit deux fois plus qu'il y a deux ans. Pour lutter contre ce problème, les députés de La France insoumise lancent une campagne, avec plusieurs organisations (DAL, l'association CLCV, la Confédération nationale du logement, et le collectif marseillais La Cabucelle). "Il faut lever le tabou sur cette question", estime Mathilde Panot, députée LFI du Val-de-Marne, invitée de franceinfo, jeudi 4 juillet.

L'enfer des punaises de lit

"Les punaises de lit sont un enfer pour les personnes qui le vivent. Il y a les problèmes de démangeaisons, mais il y a aussi un gros problème de santé mentale, psychologique, parce qu'on ne peut plus dormir, on ne peut plus inviter des amis. On observe aujourd'hui quelque chose de très inquiétant, c'est qu'en plus des appartements, il y a aussi des écoles, des résidences étudiantes, des foyers, des prisons qui sont infestés, ce qui a un effet de propagation potentiellement extrêmement grand. Nous voulons que les punaises de lit ne soient pas un problème individuel, mais un problème politique de santé publique", indique l'élue.

"Ce que l'on demande, c'est déjà que l'on interdise les produits chimiques, parce qu'aujourd'hui, en plus de laisser les personnes absolument seules face à ce problème, on laisse des entreprises privées se gaver et utiliser des produits chimiques qui, en plus d'être dangereux pour la santé et pour l'environnement, sont inefficaces puisque les punaises ont muté, et sont aujourd'hui résistantes aux produits chimiques", poursuit-elle.

Parfois, c'est un salaire entier qui part pour s'en débarrasser.Mathilde Panotà franceinfo

"La deuxième chose, c'est que l'on demande au gouvernement de mettre un plan d'urgence immédiat pour éradiquer les punaises de lit, avec un financement pour aider les familles, notamment celles qui n'ont pas les moyens de se payer des entreprises qui utilisent la chaleur sèche, qui est assez efficace. On estime que les interventions coûtent entre 400 et 1 000 euros, plus le coût s'il faut changer les meubles...", ajoute Mathilde Panot.

Un tabou qui doit être levé

Elle continue : "Il faut lever le tabou sur cette question, parce qu'il y a un tabou extrêmement fort des gens qui n'osent pas en parler. C'est pour cela que le chiffre de 400 000 interventions est, à mon avis, très sous-estimé, parce que les gens ont l'impression que c'est lié à l'hygiène. Or, il faut le redire, ce n'est pas lié à l'hygiène, c'est quelque chose qui peut arriver absolument partout, quel que soit le lieu de vie des personnes. Donc, il faut aussi un plan de prévention sur cette question".

"Nous ferons aussi un volet concret, en plus de l'interpellation au gouvernement. Nous allons faire du porte-à-porte dans plusieurs quartiers qu'on sait touchés par les punaises, pour expliquer ce que c'est et pour aider à désinsectiser. Même avant que le gouvernement ne s'en saisisse, et on espère bien qu'il s'en saisira comme d'un problème de santé publique au niveau national, nous allons aider les personnes à s'en débarrasser", assure la députée LFI.