Belgique : la firme américaine 3M s'engage à verser 571 millions d'euros après des rejets polluants près d'Anvers

Un règlement à l'amiable a été trouvé avec le gouvernement flamand pour tenter d'apporter des réponses après une pollution aux substances chimiques de la famille des PFAS (alkyls perfluorés et polyfluorés), autour du site de Zwijndrecht.

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La multinationale américaine 3M a conclu un accord avec les autorités régionales de Flandre (Belgique) après des rejets polluants autour de son usine de Zwijndrecht, près d'Anvers. (DAVID PINTENS / BELGA MAG / AFP)

La multinationale américaine 3M a conclu un accord avec les autorités régionales de Flandre (Belgique), mercredi 6 juillet, pour remédier à hauteur d'un total de 571 millions d'euros aux rejets polluants autour de son usine de Zwijndrecht, près d'Anvers.

Le gouvernement flamand et 3M Belgique ont souligné que ce règlement à l'amiable résolvait "les désaccords en cours" liés à une pollution persistante par des substances chimiques de la famille des PFAS (alkyls perfluorés et polyfluorés). Ces produits, notamment utilisés dans les emballages et les revêtements imperméables, ont déjà valu à 3M des actions en justice aux Etats-Unis à cause de rejets ayant contaminé l'eau potable. Ils peuvent se retrouver dans les sols, l'air, les poussières.

Le règlement de ce litige belge va entraîner l'enregistrement par 3M d'une provision pour "charges exceptionnelles" dans son bilan financier du deuxième trimestre 2022, précise le communiqué commun (en anglais). Un montant de 120 millions avait déjà été promis par 3M, mais l'enveloppe globale de 571 millions d'euros va permettre une série de "mesures correctives" pour dépolluer les sols ou mieux contrôler la potentielle dispersion de PFAS dans l'air. Les sommes supplémentaires doivent en particulier aider le gouvernement régional dans sa politique de protection des sols et de l'environnement.

Le PFOS au cœur des inquiétudes

Cette pollution des sols et des eaux souterraines autour de l'usine anversoise avait été vivement dénoncée en juin 2021 par l'ONG Greenpeace. Elle avait été mise en évidence à l'occasion d'analyses pratiquées après des excavations liées aux travaux d'extension du périphérique de la cité portuaire. Les niveaux de pollution jugés inquiétants concernaient entre autres le PFOS, ou sulfonate de perfluorooctane, de la famille des PFAS. Le groupe 3M avait cessé de le produire en 2002, mais il est classé parmi les polluants organiques persistants. Le PFOS considéré comme un perturbateur endocrinien.

A partir de juillet 2021, les autorités de Flandre avaient invité un millier de riverains à se faire pratiquer des tests sanguins pour mesurer leur exposition aux polluants (dont des traces peuvent se retrouver sur les coquilles d'œufs produits à la ferme, dans l'eau potable ou sur les fruits et légumes des maraîchers avoisinants). Les résultats tombés fin octobre avaient été jugés "très mauvais". Une étude s'appuyant sur 796 prélèvements sanguins avait révélé que 59% des habitants de cette zone présentaient une concentration de PFOS très haute, avec de "possibles effets néfastes sur la santé à long terme", selon la région.

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